DSK : "le pire est passé, mais il va repasser." Elio : "le pire, c'est moi !" [La Crise Pour les Nuls] : En 2009, Di Rupo est au conseil d'administration de Dexia depuis quelques lurettes et s'est bien gardé de tirer le signal d'alarme....C'est marrant comme le temps rend finalement acceptable cette prose naguère excessivement vindicative. Pas de quoi se réjouir...
Maystadt : "On n'est peut-être pas au bout de ce qu'on doit découvrir chez Fortis ou chez Dexia." [La Crise Pour les Nuls] : Philippe Maystadt nous explique qu'il a vu venir la crise et qu'il n'a rien fait!
mardi 4 octobre 2011
Dexia, Elio, DSK, même combat.
En guise de piqûre de rappel, je soumets à nouveau à votre sagacité, deux de nos vieux articles de 2008-2009 :
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Mythique.
RépondreSupprimerTout simplement mythique.
Une question récurrente sur ce blog (à sa grande époque) était de comprendre pourquoi nos dirigeants ont tous agi dans le sens du déclenchement de la crise (politiques monétaires laxistes, laisser aller bancaire, déficits budgétaires récurrents, etc.).
RépondreSupprimerOn a parlé de la thèse de la crise volontaire (Naomi Klein). On a parlé de la bêtise (de Greenspan principalement).
J'aimerais explorer une autre théorie (je précise que c'est une piste parmi d'autres, je ne prétends pas détenir la vérité !) : l'idée, c'est qu'ils n'avaient pas d'autre choix.
Ils savaient qu'il y avait 99 chances sur 100 de connaître une grande crise (car ils ne sont pas idiots) ; mais ils n'ont pas vu d'autre solution que de viser la lune en espérant passer par le 1 pourcent de chance de réussite.
L'idée est la suivante : nous vivons dans un système capitaliste. Nos élites ne le remettent bien entendu pas en cause. Et dans mon analyse, je ne le remets pas en cause non plus (on pourra débattre plus tard...).
Ce système est, par essence, par nature, par construction, générateur d'inégalités. Excusez-moi de ne pas apporter la preuve de cette affirmation, mon intervention n'ayant pas la prétention d'avoir une quelconque valeur scientifique, je me permets de renvoyer aux auteurs qui ont mis le phénomène en lumière, chiffres à l'appui.
Pour que cette construction fonctionne, il faut que tout le monde se "sente" gagnant. Il faut que les pauvres voient leur condition s'améliorer en termes "absolus" (qu'ils s'enrichissent) ; même si leur condition se détériore en termes "relatifs" (ils s'enrichissent moins vite que les riches).
Pour ce faire, il faut de la croissance économique et qu'elle soit suffisante pour éviter l'implosion du système (à savoir un décalage trop grand entre riches et pauvres).
C'est la raison pour laquelle nos élites ne parlent (pratiquement) que de cette fameuse croissance... seule garantie de paix sociale.
Un "choc" (comme une guerre) peut évidemment redistribuer la richesse et réduire considérablement la pression sur le système capitaliste (on l'a vu...) ; mais nos élites souhaitent (heureusement) l'éviter (en tout cas jusqu'à présent).
RépondreSupprimerMalheureusement, une croissance économique exponentielle (ajouter 2% de richesse par an est en effet un phénomène exponentiel) est impossible à réaliser ; surtout dans un monde fini, au climat dérégulé (entraînant des mouvements de populations incontrôlés), où les énérgies bon marché sont épuisables, où les matières premières sont (pour la plupart) épuisables et à la population vieillissante...
Malgré le fait que la croisance économique exponentielle ne puisse pas se réaliser, les riches (qui pilotent par ailleurs le système) ont décidé que leur part du gâteau ne pouvait pas diminuer. Il suffit de voir les nombreux graphiques montrant que la richesse des riches augmente de manière inaltérée depuis la fin de la guerre.
Ils avaient donc deux options : (1) puiser sur les "profits" des pauvres (les revenus du travail). Dans une certaine mesure, ceci a été fait (voir les graphiques des revenus médians en Europe et surtout aux Etats-Unis qui n'augmentent plus depuis 30 ans) et (2) booster la croissance économique à tout prix pour poursuivre l'illusion d'augmentation "absolue" de richesse des pauvres.
Pour booster la croissance économique, ils n'ont pas trouver d'autre idée que de gonfler le système bancaire, d'endetter les gens et les Etats et de mener des politiques monétaires ultra laxistes en "espérant que ça passe".
Et la boucle est bouclée !
Petite parenthèse : je précise à nouveau que pour moi, ceci n'est qu'une théorie parmi d'autres !
La suite, on la connaît :
Keynes, bien sûr (tout lecteur de La Crise pour les Nuls le sait) avait raison à court terme mais tort à long terme. Les Monétaristes et les Autrichiens ont raison à long terme : ces techniques ne fonctionnent pas sur la durée, le crash était inévitable.
Les mauvaises nouvelles c'est que notre système capitaliste est toujours là, que nos élites ne semblent pas décidées à renoncer à leur part de richesse (à part quelques déclarations démagogiques) et que les artifices monétaires ne marchent pas.
Il ne reste qu'une issue (mais celle-là, on l'avait perçue depuis le début) : les pauvres vont payer.
On ne sait pas encore par quel canal on va les pomper (inflation, impôts, réduction des allocations, j'en passe), mais ils vont payer...
Bon dimanche !
Même si il n'y a plus personne sur ce forum, je poste tout de même un lien vers cet article très intéressant (en rapport avec ma précédente intervention) :
RépondreSupprimerInequality, leverage and crises
http://www.voxeu.org/index.php?q=node/6075
Of the many origins of the global crisis, one that has received comparatively little attention is income inequality. This column provides a theoretical framework for understanding the connection between inequality, leverage and financial crises. It shows how rising inequality in a climate of rising consumption can lead poorer households to increase their leverage, thereby making a crisis more likely.
Dexia c'est l'allumette qui va mettre le feu aux poudres...
RépondreSupprimerMerci pour les commentaires intéréssants.
RépondreSupprimerMa pensée va plus dans le sens de la convergence (les institutions cooptent uniquement les mandataires qui veulent actionner les protocoles du FMI) et de l'improductivisme (il faut que les peuples européens soient pauvres pour qu'ils acceptent obéir).