samedi 26 septembre 2009

Déflation record aux Etats-Unis

On nous cache tout, on nous dit rien... heureusement nos amis du Back Office sont là, qui veillent au grain dans l'ombre.



Salut Michelange,

La preuve que les US sont en deflation dans ce graphique (consumer price index US d'annee en annee en %) : nous sommes actuellement a -2.1%



Comme tu peux le voir ce n'est plus arrive depuis 1949 et ce n'est pas encore fini...


Merci une fois de plus à nos amis du Back Office.

Quant aux banquiers et aux politiciens, je vous invite à les convier d'urgence collectivement à arrêter immédiatement tout ce kung-foutre...



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jeudi 24 septembre 2009

Quand les banquiers sifflent dans le noir pour se rassurer...

...Richard Anthony voit venir le train de licenciements. Le 21 septembre, le Financial Times, qu'on ne pourra pas taxer de gazette de gauche, mettait en exergue la fragilité du système bancaire, à la recherche de 1.500 milliards de dollars de recapitalisation. Devons-nous nous attendre à la seconde vague du credit crunch? La plume nuancée de Tony Jackson a largement mérité notre traduction maison...

Les problèmes des banques sont peut-être plus graves qu’on ne se l'imagine
[Financial Times 21 septembre : "Maybe the banks are in worse trouble than we realise", par Tony Jackson]

Ca me fait du mal de devoir le dire, mais peut-être que nous nous trompons complètement sur le compte des banques. Certains disent que les financiers reviennent à leurs vieilles mauvaises habitudes et qu'il faut leur imposer des mesures de rétorsion - la première et la plus concrète consistant à revoir à la hausse les exigences de capitalisation.

Toutefois leurs problèmes sont peut-être plus graves qu’on ne le croit. Peut-être que certaines de leurs fautes les plus flagrantes, telle que les énormes primes d'engagement, constituent en fait une action défensive contre la crise du crédit qui arrive. Auquel cas, lutter maintenant contre elles au moyen d’exigences de recapitalisation pourrait ne faire que soulager nos bonnes consciences, aux dépens de nos finances.

Et il est indubitable que de telles exigences sont à l’ordre du jour. En effet, le Conseil sur la Stabilité Financière – représentant les ministères des finances ainsi que les banques centrales mondiaux – a précisé la semaine dernière que c'était là leur priorité.

Afin d’illustrer les risques en jeu, référons-nous à une analyse récente émanant de Institutional Risk Analyst, société américaine de consultance bancaire. Celle-ci classe les banques américaines en fonction de leur niveau d’effort allant de A à F. Le montant, incontournable, des actifs totaux des banques de niveau F – celles qui sont le plus proches du gouffre – est de $4,458bn.

Si ces banques se situent en dessous de ce montant, les coûts de réparation de leur déposants tomberont sur les autres banques américaines, conformément aux règles du Deposit Insurance Fund.

Ainsi que le fait remarquer IRA, "avant que le G20 n’aborde la question de l’augmentation du niveau des capitaux des banques, il nous faut trouver un moyen – et vite – pour stabiliser la base des capitaux existants de l’industrie bancaire".

Rappelons que les sommes nécessaires à la recapitalisation en bonne et dûe forme des banques sont colossales - non seulement à cause des pertes qu’elles ont encouru lors du crash, mais aussi parce qu’elles avaient réduit leurs capitaux propres de façon désastreuse durant les « années de bulle ».

Afin d’effectuer le travail correctement, nous aurions besoin de restaurer les capitalisations sur base des niveaux qu’elles avaient au milieu des années 90. Il y a six mois, le Fonds Monétaire International a fixé le coût pour les banques américaines, européennes et britanniques à $1,700bn (£1,044bn).

Depuis lors, selon Dealogic, ces banques ont levé $135bn en capitaux propres, nous pouvons dès lors ramener le chiffre nécessaire à $1,565bn. Mais le fait que moins d’un dixième de la somme ait été atteint n’est pas des plus rassurant...

Ces six derniers mois, rappelez-vous, ont vu les actions du secteur bancaire grimper en flêche, rendant ainsi les investisseurs plus disposés à payer. Et quelques levées de fonds ont également bénéficié d'aides du gouvernement.

Durant cette période, la valeur marchande globale des banques a plus que doublé, de $1,068m à $2,420bn. Toutefois cela leur laisse encore la possibilité d’atteindre une somme égale aux deux tiers de sa valeur de marché. On dirait qu'on a atteint la limite – spécialement depuis le dernier aperçu de Merrill Lynch témoignant du plus important des consensus, parmi les managers de fonds globaux pour les sept dernières années, selon lequel les actions du secteur bancaire sont actuellement surévaluées.

Pour nous tous, ces résultats pourraient avoir des effets pervers, voire fâcheux. Si les banques savent qu’il leur sera exigé d’augmenter leur capitalisation - et si elles prévoient qu’elles ne pourront pas augmenter leurs capitaux propres – elles disposent d'une seule réponse logique. Elles doivent rétrécir leur base d'actifs – ce qui signifie qu’indirectement elles devront réduire les prêts qu'elles octroient.

Ceci intervient à un moment où les méthodes alternatives de prêt sont toujours en déroute. Les emprunts-titres, par exemple, correspondent à moins de la moitié du sommet atteint en période de pré-crise, étant donné que les banques reviennent à l’intérieur des frontières nationales.

Plus important, le prêt titrisé fonctionne également à environ la moitié des niveaux de pré-crise. Cela signifie que près de $2,000bn de crédit, la plupart du temps fourni non par des banques mais plutôt par des institutions d’investissement, ont été retirés du système.

Malgré les mesures d’urgence prises par les gouvernements afin de pallier à cette situation, la situation ne présage rien de bon. Une large part des demandes a disparu pour de bon, sous forme de véhicules hors bilan tels que des véhicules de financement spéciaux.

Et les nouveaux preneurs se comptent sur les doigts de la main. Les prêts titrisés sont, par nature, des structures complexes, et leur raison d'être était d’offrir des tranches cotées triple A que les investisseurs institutionnels pourraient acquérir. Cela réclame une confiance absolue dans les agences de cotation. Aujourd’hui que cette foi est sérieusement ébranlée, qui d'autre voudrait bien aller mettre son nez dans ce genre de bourbier?

D’autres sources traditionnelles de placement pour les banques elles-mêmes – les marchés de vente en gros, par exemple – se trouvent encore affaiblis. Les marchés obligataires constituent une exception, mais seulement jusqu'à un certain point. Les chiffres de Dealogic démontrent que l’année dernière, les émissions obligataires des banques ont baissé – malgré l’aide du gouvernement – de 14 pour cent par rapport aux niveaux de pré-crise d’il y a deux ans. Les obligations émises par des corporations non financières, entre-temps, ont augmenté de 44 pour cent.

La position des gouvernements dans tout cela n’est pas enviable. Ceux-cis sont certainement conscients des dangers. Mais étant donné le pouvoir immense du lobby bancaire dans le monde entier, chaque gouvernement saura aussi que pour obliger les banques à la recapitalisation – comme cela est certainement nécessaire – il doit exploiter le ressentiment populaire tant qu’il en est encore temps.

Comme pour beaucoup d'autres choses dans crise, tout est dans le timing. Mais nous devrions veiller à ne pas prendre l’apparente satisfaction des banquiers pour argent comptant! Ils sont peut-être juste seuls dans le noir, en train de siffler pour se rassurer.

tony.jackson@ft.com

mercredi 16 septembre 2009

Grippe intellectuelle dans le milieu bancaire.

J'ai passé la journée à lire la presse financière. L'inventeur du vaccin contre la connerie tient visiblement à garder la formule pour lui. Les trois nouveaux cas ci-dessous, observés la même semaine dans diverses institutions, sont révélateurs de la gravité de la pandémie de grippe intellectuelle qui sévit toujours aussi fort dans les banques et dans les ministères.


Exemple 1 : sujet sain, développant des anticorps en suffisance :
Lors de son allocution à la Sibos conference de Hong Kong hier, William White, ancien chief economist de la BRI (Banque des Règlements Internationaux), a également mis en garde contre l'action des gouvernements, qui, en déployant des solutions économiques à court terme, pourraient avoir mis en place la prochaine crise.

"Est-ce qu'on va vers une récession en W? C'est presque certain. Est-ce qu'on va vers un L? Je ne serais surpris en rien," a-t-il déclaré, se référant au risque d'une "double-dip recession" ou d'une stagnation prolongée, du type de celle dont le Japon souffrit dans les années 1990.

"La seule chose qui me surprendrait réellement dans la situation actuelle est une reprise rapide et solide."

[Financial Times : "Leading economist fears double-dip recession", traduction maison]

Exemple 2 : trisomie bancaire afteuse stade 4, très contagieux :
"La récession est très probablement terminée à ce stade", a déclaré le président de la Fed, lors d'une conférence à la Brooking Institution de Washington, un an jour pour jour après le début de la panique financière provoquée par la faillite de la banque Lehman Brothers.

Le président de la banque centrale américaine (Fed), Ben Bernanke, a estimé mardi que la récession américaine qui a commencé en décembre 2007 étaient désormais "très probablement terminée".

[L'Echo: "La récession US est très probablement terminée"]
Une bonne leçon de kung-foutre...

On remarquera que ce cas est amplifié par le phénomène dit "de l'Echo", en référence au syndrôme qui frappe depuis plusieurs années les collaborateurs du quotidien économique :
Les sujets atteints du "syndrôme de l'Echo", frappés de psitacisme indiscriminant, répètent à l'envi les imbécilité de n'importe quel gouvernement.

Selon des sources anonymes bien informées, ce sont les collaborateurs du Dr. Maeschalck qui seraient les plus gravement atteints.

Exemple 3 : sujets divers au stade terminal :
Entonnée par Laurette Onkelinx au creux de l’été (Le Vif du 14 août : « Les banques paieront aussi la rigueur »), reprise par Didier Reynders à la rentrée des classes (son interview au Soir du 2 septembre : « On peut taxer l’activité financière »), relancée de plus belle par Laurette Onkelinx (dans Le Soir du 3 septembre : « Par ici les banquiers ! »), amplifiée par Elio Di Rupo (Le Soir de lundi : « Se servir des actifs bancaires »)… Ce n’est plus une chanson dans l’air du temps, c’est un tube, et pour le dire poliment : l’on pressent que les institutions financières devront contribuer à l’effort budgétaire.

[Le Soir : "L’Etat lorgne les avoirs bancaires"]
Se posant en chevaliers blancs, les politiciens font mine de se ruer sur des moulins à vent. Ils ont pieusement oublié de rappeler combien ils ont versé aux banques en octobre pour les sortir du trou et combien la veuve et l'orphelin vont payer dans les prochaines années pour rembourser la dette publique creusée par toute cette gabegie.

On remarquera que les symptômes s'accentuent Le Soir venu, et que les sujets délirent : mythomanie, illusion de pouvoir et irresponsabilité, relayés par le premier quotidien francophone de Belgique, sans aucune prophylaxie, même la plus élémentaire.


La taille de l'abscès

Retour sur le triste cas du Sarkoland, dont le népote nabot vient se jeter corps et âme dans la bataille contre les salaires des banquiers, salaires dont il n'est plus à démontrer qu'ils ne sont qu'une minuscule goutte de pus dans l'océan pruritaire de la titrisation.

A ce propos, l'océan des titres pourris a été mesuré. Selon les gauchistes de actindependent.org, il ferait 1,5 quadrillons de dollars (1.500.000.000.000.000), soit 1 million et demi de milliards de dollars!

J'ai calculé : il y a de quoi offrir pendant 10 ans une pension mensuelle de 2.000 € à tout le monde sur la planète. 240.000 € pour ne rien foutre, à tout le monde c'est-à-dire y compris tous les papous, tous les dogons et plus de femmes que vous n'êtes capables d'en imaginer dans vos rêves les plus fous.

Rassurons tout de suite nos amis candidats au chômage volontaire, ce montant n'a jamais rien représenté de réel (ça se saurait: on se torcherait avec de la feuille d'or jusqu'en Ethiopie).

Non non non, tout ce bel argent a juste été imprimé pour que les états et les banques soient une fois pour toutes inféodés aux banques centrales. Les banques qui ont osé résister au mouvement s'appelaient Bear Stearns et Lehman Brothers, et à présent, rien n'arrêtera plus Big Brother...