
Le plus grand hold-up de l'histoire continue sous nos yeux :
Tout le monde n'est pas dupe, mais c'est difficile d'afficher ses opinions dans la vague actuelle d'enthousiasme béat : [La Crise pour les Nuls : "Quand le G20 joue l'arbitre au monopoly"]
- L'amnistie des institutions bancaires vient d'être signée par le G20, puisqu'on peut à partir d'aujourd'hui évaluer les actifs toxiques au prix souhaité par le management.
[pauljorion.com : François Leclerc : "Au pays des miracles comptables"]
- Le redémarrage des résultats des banques US au premier trimestre vient de la percolation des aides fournies à AIG par les fonds publics, et on doit se résoudre à la reprise factice des indices boursiers.
- Les boucs émissaires (Hedge Funds, Parachutes dorés) se font égorger en public, alors que l'élevage des boucs reprend de plus belle : par exemple, le renflouement de Dexia et de Fortis passe désormais par la subvention, en deniers de l'Etat, de FSA et Dexia, leurs véhicules offshore destinés explicitement au détournement fiscal et bourrés d'actifs toxiques.
[La Crise pour les Nuls : "Les ordures de Lippens au bon soin du contribuable"]
- Le plus drôle, c'est la mesure, annoncée tambour battant par Sarkozy, et constitant à "dresser la liste des paradis fiscaux". S'agit-il d'une liste noire ou d'un répertoire professionnel?
[Le Monde : "Des paradis fiscaux sur liste et ailleurs"]
Clairement, le discours de Maystadt du 22 mars faisait la promotion du hold-up et annonçait la mise en oeuvre à laquelle nous assistons aujourd'hui : [La Crise pour les Nuls : Maystadt : "On n'est peut-être pas au bout de ce qu'on doit découvrir chez Fortis ou chez Dexia."]
Le pire c'est que mon gut feeling me dit que le hold-up ne marchera qu'à moitié : on va éviter le choc des problèmes de financement des banques et des Etats, mais le moteur de la croissance pourrait bien tomber en panne : le défaut de transparence va ralentir considérablement les investissements, au point de gripper sérieusement l'économie.
(merci à BA et à Coco Lapin)
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Excellent :-)
RépondreSupprimerQuelqu'un peut me dire à quoi ça sert d'avoir une liste noire des paradis fiscaux ?
Je veux dire : voilà, on a mis noir sur blanc que les îles Cayman étaient un paradis fiscal. Et alors ? Tout le monde le savait avant la publication de la liste, non ? Et puis, elles vont le rester.
La belle affaire...
Quelqu'un peut me dire à quoi ça sert d'avoir une liste noire des paradis fiscaux ?
RépondreSupprimerJe pense que les transactions bancaires vers des établissements situés dans ces pays font l'objet d'un peu plus de contrôles administratifs tâtillons. Rien de bien grave néanmoins, ça n'empêchera pas les riches de ne pas payer d'impôts, mais ça incitera les riches américains à plutôt aller dans les îles vierges (qui ne sont pas sur la liste), les riches anglais et français iront aux îles anglo-normandes (idem, pas sur la liste) et les riches chinois iront à macao (pas sur la liste).
En résumé, les gros ont cherché le moyen de continuer à préserver les riches de l'impôt tout en empêchant les capitaux de partir dans un endroit (petit pays genre Suisse ou Luxembourg) où ils ne les contrôleraient plus.
J’aurais tant voulu pouvoir écrire que le G20 est un succès total. J’aurais tant voulu pouvoir, comme le font presque tous les commentateurs, saluer sans nuance les efforts énormes des uns et des autres pour que personne ne claque la porte.
RépondreSupprimerLes efforts du président français, pour qu’on traite sérieusement de la régulation, ce qu’on a fait, en promettant une liste de paradis fiscaux, en contrôlant mieux les agences de notation, les hedges funds et les rémunérations des patrons et des traders, en créant un comité de stabilité économique (au lieu du Forum du même nom).
Les efforts du président américain, pour qu’on rappelle les immenses programmes de relance, ce qu’on a fait.
Ceux du président chinois, pour qu’on réforme le FMI et qu’on crée des DTS, ce qu’on a fait.
Ceux des présidents du Sud pour qu’on augmente de 0,75 trillions les moyens du FMI à leur intention, ce qu’on a fait, portant à 5 trillions le montant de la relance.
Mais je ne peux m’empêcher de craindre que tout cela n’annonce aussi l’accumulation de bien de nouveaux nuages à l’horizon, parce qu’on emploie pour résoudre la crise les mêmes armes que celles qui l’ont créée.
Quelques exemples :
- 5 Trillions de relance ?
C’est bien la somme des sommes déjà dégagées, mélange de prêts, d’émissions monétaires, qui représente 10 % du PIB mondial ; mais qui renvoie à la question simple : qui finance ? Je ne vois aucune recette, sauf la vente d’un peu d’or du FMI ; et encore, sa mise sur le marché en fera s’effondrer le prix. Comment alors espérer résoudre une crise de la dette en augmentant la dette ? A terme, par l’argent des contribuables.
- Des bilans de banques plus sains ?
En permettant aux banques et aux assureurs de ne plus valoriser leurs actifs à des prix proches de leur valeur de marché, on améliore en apparence le bilan des banques. Mais à l’inverse, on ne les encourage pas à se débarrasser de leurs actifs toxiques. Les auditeurs vont même se retrouver, avec ces nouvelles dispositions, dans l'obligation de valider des valorisations d'actifs même s'ils ne sont pas convaincus des hypothèses sous-jacentes. Quand la vérité apparaîtra, dans quelques mois ou quelques années, il faudra recapitaliser ces institutions. Avec l’argent des contribuables (bis).
- Une spéculation réduite ?
En apparence oui. Mais quoi, en pratique ? Rien n’est dit sur les CDS, épée de Damoclès au-dessus du système, ni sur les paradis fiscaux anglo-saxons, grands vainqueurs du G20, ni sur la réalité de la titrisation et des effets de levier.
En fait, tout semble même continuer comme avant : la FSA (régulateur anglais) a autorisé avant-hier la banque Barclays à céder l’une de ses filiales en lui permettant de financer l’acquéreur. Comme avant.
Les nouvelles valorisations autorisées vont améliorer artificiellement les fonds propres et permettre l’accroissement des effets de levier. Comme avant.
Le plan Geithner va permettre aux banques américaines de vendre leurs actifs toxiques avec des effets de levier dignes des pires spéculations d’avant la crise (9 pour 1).
Comment le Comité de Stabilité Financière pourrait-il autoriser des pratiques si contraires aux principes qu’il est supposé défendre ? Comment autorisera-t-il ainsi à des fonds spéculatifs de faire d’immenses profits ? Avec l’argent des contribuables (ter).
Et enfin, comme rien n’est fait véritablement pour renforcer les fonds propres des banques, dont dépend la relance durable du financement sain de la demande, le G20 semble s’attendre à la faillite de nombreuses institutions financières, et vouloir se prémunir contre son propre échec, par cette phrase rassurante et terrifiante :
« … we will put in place credible strategies from the measures that need to be taken… ».
Autrement dit, si tout ca ne marche pas, on fera plus encore. Plus, mais quoi ? Plus de dettes. Et à terme, plus d’impôt (quatuor).
Au total, tout se passe malheureusement comme si, à côté de mesures très utiles et courageuses, dont j’espère infiniment qu’elles suffiront, on mettait en place un immense plan de relance aveugle, non dirigé vers la sauvegarde des banques, ni vers les secteurs d’avenir, et non financé, qui pourrait se terminer, dans deux mois ou dans deux ans, par des faillites, une hyperinflation, et un formidable plan d’austérité.
Tout se passe comme si les alcooliques anonymes, tout heureux de leurs bonnes résolutions, avaient décidé, au sortir de leur réunion, de prendre un dernier verre.
Pour la route.
Jacques Attali.
http://blogs.lexpress.fr/attali/2009/04/un-dernier-verre-pour-la-route.php
@BA : Excellente trouvaille ; j'adore !
RépondreSupprimerFace à l’impatience des autres pays, les Suisses ont l'habitude d'avancer à leur propre rythme.
RépondreSupprimerOr, la Suisse, c'est une mosaïque compliquée composée de 26 cantons.
En réalité, les cantons sont des états. Ils ont la compétence d'édicter une constitution et les lois qui les régissent.
la Suisse est une vraie démocratie directe, le peuple dispose d’un frein qui lui permet de bloquer ou de différer les modifications proposées par le Parlement ou le gouvernement. Et notamment les traités internationaux ...
Article complet à l'adresse:
http://mieux-investir.blogspot.com/2009/04/un-grand-theme-la-fin-du-secret.html
Le G20 nous promet de s'attaquer aux paradis fiscaux...vous y croyez ? ça ne vous choque pas? ça ressemble à une mauvaise blague. Si on interdisait aux banques toutes transactions avec les paradis fiscaux dès aujourd'hui on se dirait que quelque chose va changer. Je pense qu'il s'agit plutot d'une manoeuvre de divertion. Personne au G20 n'est responsable de la crise, la preuve, ils nous libérerons de ces paradis fiscaux.
RépondreSupprimerAnalyse: comment embellir des chiffres désastreux
RépondreSupprimerhttp://lapresseaffaires.cyberpresse.ca/economie/etats-unis/200904/03/01-843075-analyse-comment-embellir-des-chiffres-desastreux.php
I love Angela.
RépondreSupprimerhttp://www.ft.com/cms/s/0/d9956408-1b06-11de-8aa3-0000779fd2ac.html?nclick_check=1
"The crisis did not take place because we were spending too little but because we were spending too much to create growth that was not sustainable. It isn't just that the banks took over too many risks. Governments allowed them to do so by neglecting to set the necessary [financial market] rules and, for instance in the US, by increasing the money supply too much."
=> Je suis d'accord. Les Banques Centrales ont les moyens de créer des conditions de croissance artificielle et les ont utilisés. Les banques n'ont fait que suivre le chemin qui leur était tracé : argent pas cher, effet de levier élevé, prêts inconsidérés, etc. Pour être provocateur, je dirais que les banquiers ont été les premières victimes des politiques monétaires !
Aujourd'hui, on ne veut pas s'attaquer à ces conditions de croissance artificielle ! On veut simplement empêcher les banques de suivre la voie royale tracée par les politiques monétaires accomodantes.
Le résultat est connu d'avance : les banques vont faire ce qu'elles font le mieux : profiter de l'argent facile des Banques Centrales pour faire du profit en inventant des stratagèmes pour contourner les règles !
Alors que la solution passe tout simplement, selon moi, par l'impossibilité pour les Banques Centrales de créer, au départ, les conditions d'une croissance artificielle...
Suite :
Hence Ms Merkel's oft-repeated insistence that governments, as they fight the crisis, must also start to think about their "exit strategies" – a return to fiscal discipline, a dismantling of protectionist measures, and mopping up of excess liquidity. The debate about the possible inflationary side-effects of measures taken to tackle the crisis "is something I am taking very seriously", she said.
=> Il est clair que tout le monde a peur du moment où il faudra actionner le frein à main de l'économie (remonter les taux, revendre les actifs achetés par les Banques Centrales et reprendre la discipline budgétaire). Heureusement qu'Angela est là pour attirer l'attention là-dessus... Mais je crains qu'on ne l'écoute pas...
Contreinfo vient encore de remonter une perle: l'interview de William K Black (auteur de The Best Way To Rob A Bank Is To Own One ):
RépondreSupprimerhttp://www.pbs.org/moyers/journal/04032009/watch.html
la vérité sur les banques
RépondreSupprimerhttp://www.vimeo.com/1711304?pg=embed&sec=1711304