lundi 16 mars 2009

Vos questions sur la crise iront à Philippe Maystadt

...

Les sympathisants du CDH nous proposent de venir assister, dans le public mais en challengers, à une conférence-débat sur la crise, avec Philippe Maystadt ce lundi 23 mars à Braine-Le-Comte (voir le flyer ci-contre).

Si vous avez d'autres chats à fouetter, faites-nous parvenir vos questions dans les commentaires de ce message. Les questions les plus pertinentes seront relayées par nous au nom de la Crise pour les Nuls...

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16 commentaires:

  1. La france va doubler ses commandes d'armement:
    http://www.lemonde.fr/economie/article/2009/03/17/la-france-va-doubler-ses-commandes-d-armement_1168918_3234.html#xtor=RSS-3208

    Medvedev ordonne un réarmement "à grande échelle" de la Russie:
    http://www.rtbf.be/info/monde/politique/medvedev-ordonne-un-rearmement-a-grande-echelle-de-la-russie



    Est-ce que Mr Maystadt préconise aussi l'escalade militaire pour sortir de la crise?

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  2. merci phil c'est evident et le sujet ferait bien d'etre aborde sur ce site, car la presse n'en parle pas, cad de la suite logique, la 3eme guerre mondiale
    Michelange, pourquoi n'abordez vous pas ce sujet ? vous etes en retard d'une guerre ?

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  3. @ Anonyme : prenez un pseudo, c'est plus drôle.

    Pourquoi vous n'avez rien à dire sur la finance et l'économie, ça ne vous intéresse pas?

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  4. Les traités européens instituant l'Union Européenne ne sont pas en mesure d'offrir un cadre de coopération entre état pour gérer cette crise (3% du PIB autorisé, concurrence freinant les nationalisations de banque, ...). La politique du FMI reste toujours la même, prêt contre ajustement structurel. Lors du dernier G7, un appel à la relance du cycle de Doha a été annoncé.

    Est ce que Mr. Maystadt pense que nous devons continuer dans cette voie ? N'est elle pas une application de la doctrine de la "Stratégie du Choc", la crise étant le choc (qui ne nous a pas encore frappé de plein fouet). ?

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  5. A propos de guerre et autre joyeuseté du même accabit... saviez-vous que le traité de Lisbonne permet de rétablir la peine de mort en Belgique et évidement dans le reste des pays de l'E.U. :
    http://have-it.com/denonciation/pages/europe/peine_de_mort.html

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  6. Merci Jeanlulu, la question est intéressante.

    Mais pourriez-vous expliquer en détail les notions techniques contenue dans l'introduction :


    <<<<<

    - 3% du PIB autorisé,
    - concurrence freinant les nationalisations de banque,
    - prêt contre ajustement structurel,
    - cycle de Doha.

    >>>>

    Merci encore.

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  7. Questions naïves:

    Mr Maystadt, vu votre expérience et votre prétention à comprendre l'économie mondiale, comment se fait-il que vous n'aviez pas prévu la crise actuelle?

    Mr Maystadt, qu'apprenez vous à vos étudiants depuis 1989?

    Mr Maystadt, au regard de la crise actuelle, quelles ont été vos apports (dé)constructifs entre 1993 et 1998 en tant que président du Comité intérimaire du FMI? Et depuis 2000, en tant que président de la Banque Européenne d’Investissement?

    Mr Maystadt, avec vos collègues banquiers, vous sentez-vous responsable de la catastrophe actuelle?

    Mr Maystadt, croyez-vous en l'économie comme vous croyez en Dieu?

    Mr Maystadt, quelle est votre rémunération actuelle?



    En fait, je dois dire que les interventions de ce politicien paternaliste et professoral m'ont toujours énervé. Pour moi, ce n'est qu'un énième caniche au service des puissants…

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  8. @ phil

    Les faits éventuels qui étaient ton opinion concernant Maystadt m'intéressent.

    Peux-tu me documenter?

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  9. Mon jugement concernant Philippe Maystadt est totalement subjectif …

    En fait, je n'ai pas trouvé d'analyse du personnage sur le web (j'ai très peu cherché), excepté de courtes biographies neutres (curieux pour un homme arrivé à un tel niveau de pouvoir, non?). D'ailleurs, ma première intuition se base exclusivement sur mes souvenirs de ses apparitions à la télévision… Les journalistes l'ont toujours apprécié car il passe bien la rampe: didactique, affable, l'air "droit dans ses bottes", un politicien humaniste, discret et diplomatique… c'est-à-dire idéal pour gérer des institutions financières internationales (ou du moins en être le porte drapeau, surtout de l'europe, sa marotte, comme cette sempiternelle croyance en cette fumeuse "croissance" qui endiguera bientôt la pauvreté, n'est-ce pas?…).

    Ainsi, ces 20 dernières années, il a toujours battu les records de longévité dans le domaine de la finance: 10 ans comme ministre social-chrétien des finances belges, et dans la deuxième partie de ce laps de temps, 5 ans au comité intérimaire du FMI (actuel Comité monétaire et financier international). Pour finir par être nommé en 2000 à la tête de la BEI, jusqu'en 2012… Sans oublier qu'il est l'un des principaux "architectes" du traité de Maastrich, et qu'il a occupé d'autres postes à haute responsabilité politique énuméré par exemple sur wikipedia .

    De plus, en "bon père de famille", il a toujours eu vocation de rendre clair l'économie au grand public, notamment il y a quelques années par la co-écriture d'un bouquin à vocation didactique "Comprendre l'économie", sous-titré "Le marché et l'Etat à l'heure de la mondialisation", qui connu en 2007 sa 4ème édition! il est depuis consultable gratuitement en ligne: propagande oblige?

    Enfin, pour n'être pas dupe de ce côté "aimable", "innofencif" et de "bonne foi" - c'est-à-dire qui cache pour moi bien des compromissions vu son cheminement, ainsi que ses prises de positions néolibérales édulcorées… expliquant d'ailleurs, avec sa bonne tête aux cheveux blancs tel un "sage" ou un "savant" , que je l'affuble du saubriquet de "caniche" à la place de "chien de garde" - je vous conseille de comparer sa courte interview (vidéo ou audio) de septembre 2007 par "la meuse", où tout est fait pour vous convaincra de l'âme généreuse de tonton Maysstadt. Et de lire directement à la suite, ce bref article de "La boulette" de février 2008
    , qui raye quelque peu l'image bon enfant du bonhomme…

    A vous de juger… en toute subjectivité bien entendu!

    ouaf ouaf…

    ps: au fait, qu'en est-il de la mise en cause de Maystadt du torpillement en 1997 d'une certaine enquête sur la kredietbank
    ?

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  10. Pour les point techniques, j'avais écrit effectivement un peu vite.

    - 3 % autorisés:

    J'évoque le pacte de stabilité limitant le déficit public à 3 % (http://fr.wikipedia.org/wiki/Crit%C3%A8res_de_convergence).

    Très difficiles avec un déficit de 3% de faire un plan de relance par l'endettement. Si on ajoute à cela une banque central dont l'objectif est de maintenir l'inflation sous les 2% (i.e. maintenir la stabilité des prix http://www.ecb.int/mopo/intro/html/index.en.html), l'article 101 (ex-article 104) (http://www.banque-france.fr/fr/eurosys/telechar/europe/art_98-104.pdf) qui interdit l'emprunt à la banque centrale (l'aquisition de dette par la BCE), mettre en place un plan de relance de type keynesien s'avère difficile, n'est-il pas ?

    Quand on lit cela:
    "Cette conception selon laquelle l'indépendance de la banque centrale est le meilleur mode d'organisation institutionnel possible a d'ailleurs été retenue dans le processus d'union monétaire européenne, dont la mise en oeuvre a renforcé la nécessité de la réforme du statut de la Banque de France." Source http://www.banque-france.fr/fr/instit/histoire/5.htm
    On se dit que l’on n’est pas encore sorti de l'auberge monétariste (http://en.wikipedia.org/wiki/Monetarism).

    Globalement cela ne pourra pas tenir sur du long terme ... Faut s'attendre à problème d’ordre juridique (i.e. les états finiront piétinent actuellement les traités), qui mèneront à une révision profonde des traités ou si les gouvernements décident de les respecter, à la réduction de l'état à une taille suffisante pour être noyé dans une baignoire sous contrainte, ..., ou je ne sais quoi encore.

    - concurrence freinant la nationalisation des banques:

    Qu'est ce que l'europe ? Le rôle des institutions est principalement l'organisation d'un marché entre les états membres où circulent librement les marchandises, les services, les capitaux et les personnes (ceci dit, le dernier est largement moins prioritaire, par exemple pour les Roumains). Un espace ou la concurrence est libre et non faussée (par les états)... Lors du dernier plan de sauvetage des banques, la commission s'est tout de suite prononcer pour évaluer si cela consistait en aide d'état entravant la concurrence, ... Elle a finalement donnée son "autorisation".
    Dans une autre situtation (i.e. hors d'un contexte de risque systémique) il est fort à parié que cette dernière autorisation n'aurait pas été donné.

    L'énergie passé à l'analyse des respects des conditions de concurrence pourrait être consacrés à autre chose, elle constitue en cela un frein.

    Personnellement, je pense que l'article 17 de la déclaration des droits de l'homme de 1789 devrait diriger les décisions politiques du moment (loi en Allemagne autorisant les nationalisations en est un exemple). L'affaire Fortis, réaliser dans l'urgence, ne s'est pas fait dans ce cadre (i.e. légale). Il me semble que cet article de la déclaration ne soit pas dans les fondements de l'Europe (des recherches à faire pour confirmer cette opinion).

    - prêt contre ajustement structurel:

    Je me réfère au FMI qui octroie ses prêts et en cas de "difficultés" de remboursement demande d'opérer des « Ajustements structurels". Le livre de N. Klein, "La stratégie du choc" donne pas mal d'information la dessus, c’est une composante essentielle de la stratégie. Mais on peut approfondir facilement au travers de la critique altermondialiste en complément de l'article http://fr.wikipedia.org/wiki/Ajustement_structurel (qui nous apprend que le fonctionnement du marché et les investissements étrangers [sont] propices au développement", et la référence au "Combat contre la corruption", …).

    Il n'existe pas de Budget européen conséquent, ni de fond européen. Si l'on considère que l'Union Européenne s'est avant tout construite sur un principe de concurrence (établissement d'un grand espace de libre échange), plutôt que sur un principe de solidarité, l’absence de fond n'est guère étonnant. Les états européens aujourd'hui en difficulté, se tournent vers le FMI, les autres membres, en relative bonne santé économique ne sont pas contraints par un principe de solidarité institué au niveau Européen.

    En ce qui concerne les politiques d'ajustement structurel, l'OCDE offre un guide pour ceux (gouvernements) qui ne savent pas comment les réaliser (ou plutôt les imposer au peuple souverain récalcitrant). Cela donne bien l’état d’esprit lié à ces ajustements structurels: http://www.oecd.org/dataoecd/24/23/1919068.pdf

    Globalement le résultat des politiques d'ajustement structurel aboutit progressivement à réduire la taille de l'état à celle qui permettra de le noyer dans une baignoire.

    - cycle de Doha:

    Round de négociation à l'OMC initié en 2001, mais mis en échec régulier principalement par les pays du Sud. L'objectif de ces rounds de négociations est de supprimer "les obstacles" aux libres commerces de marchandise et service. Pour la critique altermondialiste, lié au sujet de l'OMC, voir le site de l'urfig : http://www.urfig.org/francais.htm .

    Si j'ai bien compris (http://www.latribune.fr/actualites/economie/international/20090215trib000344035/le-g7-contre-le-protectionnisme-et-pour-la-stabilisation-de-leconomie-et-des-marches.html) les ministres des finances au dernier G7, ont appelé récemment à une reprise de ce cycle... On n'est loin d'une renégociation des traités.

    En gros la question revient à demander à ce Mr. si il pense que l'on doit aujourd'hui désinstitutionalisé le néo-libéralisme, ou bien est ce que cette crise peut être l'instrument idéal (stratégie du choc) pour aller plus loin encore dans cette institutionnalisation le néo-libéralisme face à une population qui se dresse de plus en plus contre cette dernière. A titre d'indication, je ne pense pas que le choc effectif ne soit encore arrivé...

    En passant, je vous conseille la lecture du livre de S. Halimi "Le grand bond en arrière, comment l’ordre libéral s’est imposé au monde", c'est un bon complément à celui de Klein (http://www.monde-diplomatique.fr/livre/grandbond/), et sur la crise (et leur répétition) le papier magistrale de P. Jorion http://www.fondation-copernic.org/spip.php?article178 . Le lien avec ce qui précède ? La construction d'un cadre idéologique qui aboutit à l'institutionnalisation d'un modèle économique.

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  11. @ michelange,
    Complément d'information concernant Maystadt:

    Une interview par la rtbf de Maystadt sur la crise en octobre 2008 où je n'y vois que banalités "doctorales", greenwashing et autres tentatives de se disculper (en gros, apparence seulement de clareté dans ses propos: on a l'impression qu'il l'avait bien prévue la crise et que si on l'écoutait, tout irait mieux. Ben voyons).

    Et puis, j'ai finalement trouvé cet autre article par "les amis de la terre" daté de juin 2005 et intitulé "En Europe, trois banques de développement aussi coûteuses qu’opaques : deux de trop ?" … où l'on apprend que "les Etats européens qui en sont actionnaires et concourent à fixer leurs objectifs ne semblent pas très soucieux de la performance de leurs dirigeants." Et que pour la BEI, bien qu'elle "soit la propriété de l’Union, par le biais de ses 25 Etats membres actionnaires, ses 1 300 employés ne bénéficient pas du statut de fonctionnaire. Leurs salaires et taux d’imposition sont pourtant alignés sur ceux, plus que confortables, de l’administration bruxelloise [Commission Européenne]. Les huit membres du comité de direction y perçoivent un revenu brut mensuel équivalent à celui d’un commissaire européen, soit 17 000 euros par mois. Identique à celui du président de la Commission de Bruxelles, le salaire de son patron, le Belge Philippe Maystadt, y dépasse les 28 000 euros mensuels avec un taux d’imposition de l’ordre de 25 %."

    Et de préciser, "c’est la BEI qui a été la cible favorite de CEE Bankwatch. Ses manquements dénoncés par l’ONG en matière de transparence et d’indépendance ont d’ailleurs inspiré en 2003 un projet de rapport extrêmement sévère de la part de l’eurodéputée espagnole Monica Ridruejo auprès de la commission des Affaires économiques et monétaires du Parlement européen. Cette proche de l’ancien Premier ministre José Maria Aznar y dénonçait les conflits d’intérêts entre certains administrateurs et les projets soutenus financièrement par la banque. C’était le cas, selon elle, de Pierre Richard, le président de la banque franco-belge Dexia. Ce rapport a été à ce point amendé par les eurodéputés eux-mêmes que Monica Ridruejo a refusé d’y attacher son nom. « Ils en ont supprimé près de 95 %, dénonce-t-elle, suite à des pressions tant de la BEI que de certains eurodéputés luxembourgeois. »

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  12. aaah phil, Jeanlulu, bravo, ça c'est de l'info!

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  13. Information suplementaire:

    L'EU renforce le FMI. http://fr.reuters.com/article/businessNews/idFRPAE52I1B420090319

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  14. Dans la liste des questions à lui poser, pourquoi pas celle-ci :

    Depuis le début de cette année, la presse anglophone (tant américaine qu'anglaise), le FMI ainsi que d'autres instances internationnales, parle de crise majeure, de déflation, de dépression, ... Bref rien que du joyeux. Question : Pourquoi n'en parle-t-on pas en Belgique ?

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  15. Formulation de ma question:
    Aujourd'hui, les recommandations de l'OCDE vont dans le sens de l'application d'une politique qui ne diffère pas des précédentes. Il en va de même de pour d'autres organismes comme le FMI, la Banque mondiale, l'OMC. l'UE n'entends toujours mettre fin à l'adoption du traité de Lisbonne.
    Ne pensez vous pas que les préceptes des ces organisations internationales sont à l'origine de la crise (au moins dans les pays du Sud) ?
    Si ce n'est pas le cas, ne pensez vous pas que la poursuite de la politique proposé par ces organismes provoquera une aggravation de la crise ?
    Ne faut-il pas marquer un virage majeur, afin de réaliser la dés-institutionnalisation des préceptes néo-libéraux qui prend corps dans les organisations internationales (OMC, Banque mondiale, FMI, OCDE, UE, ...) ?

    Merci, pour le site, toutes les informations que vous y mettez et merci d'avance de nous faire par des réponses données.

    Pour ceux que cela intéresse, et pour mieux comprendre le point de vue de ma question, je vous propose de regarder un court, 33 minutes, film sur l'AGCS (accord généraux sur le commerce des services).
    http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=2596

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  16. @Jeanlulu,

    Merci, ça fait une 11e question.

    @Phil,

    Tes inos sont édifiantes, merci. Ce n'est évidemment pas Maystadt qu'il faut interroger sur ces points, donc pour une autre occasion.

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