En gros, voici la liste des problèmes européens du moment... ca nous fera :- pyramide des âges qui fait pression sur la retraite des baby-boomers,
- récession économique implicite de dix ans dissimulée par le crédit facile,
- taille gigantesque du système bancaire relativement au PIB (plus lourd qu'aux USA),
- sous-capitalisation des banques (pas assez de cash par rapport aux prêts consentis aux clients, beaucoup moins qu'aux USA),
- acquisition massive de produits toxiques U.S. (Subprimes, CDOs),
- hypothèque des collectivités locales au profit des banques, au moyen de produits toxiques ('garantis sans risques'),
- fin du crédit facile, amenant une récession économique explicite (en cours),
- contraction profonde des marchés hypothécaires en Hongrie, Espagne, Angleterre,
- dévalorisation des actifs toxiques, en deux vagues : les banques renflouées en Octobre ont dû l'être à nouveau en janvier-février (ING, RBS, Dexia, KBC, BNP, Hypo RE...),
- des nationalisations implicites ou explicites ont lieu en Allemagne, Angleterre, Belgique, Irlande, déséquilibrant le budget de ces Etats, et ajoutant de la pression sur leur taux d'emprunt,
- implosion complète du système bancaire et de la dette de l'Islande, qui se tourne vers le FMI et connaît une inflation de 18%,
- Hypo RE, Barclays' RBS et Lloyds bientôt dans le même foutoir que Fortis ou que les banques Irlandaises,
- assèchement du crédit, débouchant sur la réduction de la production et de l'emploi,
- en 2 mois, accélération exponentielle de la chute du PIB officiel de toute la zone Euro (0.2% puis 1.9 et maintenant 12% annualisés),
- fin 2008, diminution de 30% des ventes de véhicules, et pertes massives d'emploi,
- la Suisse mal en point : Swiss Re, Crédit Suisse, UBS, et Madoffismes divers, le Franc Suisse s'apprécie trop,
- les autres monnaies locales (pays de l'Est, et Livre Sterling) sont dans la panade, provoquant des vagues sur le marché des changes,
- faiblesse de l'Europe orientale, en dépit des interventions du FMI, et avec rebond sur les banques occidentales qui y ont investi,
- affaiblissement du crédit des PIGS (Portugal, Irlande, Grece, Espagne), qui ne parviennent plus à tenir les critères de convergence de l'Union,
- les membres plus faibles de l'Union veulent mutualiser les mesures de renflouement des banques ('bad bank' européenne d'actifs toxiques),
- mais les plus forts (Allemagne, France) refusent et se replient sur eux-mêmes avec une tendance protectioniste,
- révision des ratings de crédit de plusieurs pays (Irlande, Espagne, Belgique, Angleterre), par les agences de notation, entraînant l'augmentation du coût du crédit au moment ou les besoins de cash deviennent aigus,
- absence de ministère des finances pour la zone Euro, et donc de politique concertée de relance, accentuant la tendance au protectionisme économique,
- Didier Reynders, Anne-Marie Lizin, Bart de Wever, Kris Peeters,
- ...
- Le gouvernement Brown présage une Plus Grande Dépression, avec un taux de chômage à 70% [La Crise pour les Nuls : "Armagedon ou Harmageddon?"]
- Une note secrète de l'UE, tombée entre les mains des journalistes du Daily Telegraph, annoncerait 16.300 milliards de dévalorisations d'actifs dans les banques, un montant bien au-delà de la capacité d'emprunt des Etats [La Crise pour les Nuls : "Armageddon : 44%"]
Et bien sûr le Cassandrissime Ambrose Evans-Pritchard , tribun anti Brownien du même Daily Telegraph, nous offre lui aussi son tableau synthétique et livide de la situation... [Daily Telegraph : Ambrose Evans-Pritchard : " Failure to save East Europe will lead to worldwide meltdown "]
John Mauldin, lui, n'a pas peur de ses titres [John Mauldin : "Can The Euro Survive?"].
Il met en avant les effets de spirale induits par la diminution des recettes de l'Etat. Selon lui, cette diminution des recettes risque d'être beaucoup plus lourde à porter que les coûts des plans de relance.
"Following a banking crisis, asset prices fall more and for longer than most investors realise. So do output and unemployment. Most importantly, though, the real value of government debt explodes but not for the reasons you might think. Yes, the bailout costs are significant, but the main driver of rising government debt is actually the subsequent collapse of tax income."Son magistral article aborde toutes les facettes de la situation, à lire (en Anglais).
Enfin, pour nos amis froggies, posté par Daily-Bourse (et tuyeauté par Phil), un panorama en Français de quelques-uns des graphes clés qui permettent de se rendre compte de l'ampleur du problème de solvabilité rencontré par l'Union Européenne : [Daily-Bourse : "L' Europe et ses banques : Montée du risque"]
Ca vous démoralise? Allons! On peut éventuellement se consoler en se disant que ça va presque aussi mal au Japon, aux USA et ailleurs :
[La Crise pour les Nuls : "Sous le voile des jeux d'écritures, la contraction mondiale s'accélère"]
Quoiqu'il en soit, l'Angleterre semble aux premières loges pour déclencher le cataclysme qui, selon ma lecture personelle, a été programmé par les grands méchants de ce monde. Serait-on proches de ["L'heure du very Thé"]?
.
Merci de "gâcher" ma journée ;-)
RépondreSupprimerLe pire, c'est que je sens que ce n'est pas la dernière fois...
On peut encore citer le Danemark dans les pays à bulle immobilière. dans ce pays, on pouvait même revendre les options d'achat sur biens immobiliers. Mais le jeu de l'avion s'est arrêté là aussi.
RépondreSupprimerPour ce qui est de l'Euribor, il est d'ailleurs intéressant de constater que les dépôts des banques auprès de la BCE restent à des niveaux records (entre 150 et 250 Mds €) alors qu'ils ne sont que très peu rémunérés. Les banques préfèrent toujours garder leur argent chez elles que de le prêter à d'autres...
RépondreSupprimer@Coco Lapin
RépondreSupprimerLe pire c'est que tu reviendras sur le site pour avoir d'autres mauvaises nouvelles!
Cela fait un peu maso genre "Ohh oui fouette moi avec tes courbes, pique moi avec tes chiffres, ...."
:-)))))))
P.S. : Il doit me rester une vieille ceinture à clous de ma période Punk, quelque part au grenier .... si tu veux :-))))
Merci pour la proposition Dwarf mais ça ira comme ça ;-)))))
RépondreSupprimerEt puis, je reviendrai : bien sûr ! Que veux-tu que je fasse ? Que j'ignore la réalité de ce qui arrive, sous prétexte que je me sentirais mieux ?
Il est clair que tout ce qui arrive me désole mais je préfère être au courant !
Bonsoir Michelange,
RépondreSupprimerIl me vient deux images, qui pourraient être utiles à tes posts.
L'une est celle du papier peint qui retient le mur: on injecte des milliards, bien insuffisants devant les gouffres qui s'ouvrent un peu partout, mais cela permet de tenir le mur en place, jusqu'à ce que le papier peint finisse par se déchirer, provoquant l'effondrement final.
Deuxième image, celle de l'iceberg. En effet, la plupart des gens ne sentent pas la crise: hormis le coût de vie, ils n'ont pas conscience de la radicalité de ce qui se passe. C'est comme un iceberg: il fond progressivement et se retourne tout d'un coup: nous sommes sur cet iceberg, on ne se rend pas compte qu'il fond sous la ligne de flottaison, tout paraît plus ou moins normal, puis, d'un coup, l'effondrement sera radical.
Intuitivement, j’adhère plus dans l’explication de l’incompétence que dans celle du complot ; en tout cas pour l’origine de la crise.
RépondreSupprimerMaintenant la manière dont elle est gérée par les financiers et les politiciens ça s’est une autre chose…
Je pense que quand le Titanic a heurté l’iceberg, c’était involontaire : Le capitaine ne s’est pas dit : « super Iceberg en vue , je vais ‘squetter ‘ mon navire dessus pour noyer tout mes passagers et ruiner les investisseurs».
Quand le réacteur de Tchernobyl à commencé à dysfonctionner, le directeur de la centrale ne s’est pas dit : « Super, continuons, avec un peu de chance je vais irradier mes compatriotes non affiliés au parti et ce sale monde capitaliste, car j’ai relevé la météo et les vents vont pousser le nuage vers cet Ouest corrompu »
Pour le Bug de l’an deux milles, je ne pense pas que les ingénieurs se sont dit : « super nous allons foutre le boxon !!! »
Je ne pense pas que la crise de 1929 a été construite de toute pièce par des hommes machiavéliques.
Par contre je crois en des gens cupide, arrogants, égoïstes et j’en passe et des meilleurs qui ne regardent que leur intérêt et de préférence à court terme. Ils ne réfléchissent pas aux conséquences de leurs actes…
Alors voila aujourd’hui nous sommes dans le Caca et je ne vois pas comment nous allons pouvoir tous nous en sortir. Certains certainement, mais à quel prix ? Quel impact sur notre niveau de vie (social, santé, savoir, technique, …) ? Je n’en sais rien.
L’antibiotique anti crise c’est la guerre. Comment pouvons-nous l’éviter ? Comment empêcher l’Europe d’éclater, comment empêcher les grandes puissances (Chine, USA, Russie,…) de pousser sur le bouton ? Comment moi, simple citoyen avec trois francs cinquante en poche puis-je faire tourner le monde pour éviter cela ?
Golden Boy, je ne sais pas non plus.
RépondreSupprimerPeut-être la politique ou alors l'exil en Australie?
En tout cas, en parler autour de soi pour commencer...
De deux choses l'une : ou bien tout cela consiste à se faire peur ou bien le système va vraiment se casser la figure.
RépondreSupprimerSi le système se casse la figure, il est temps de poser les hypothèses les plus pessimistes sur la table.
Si l'économie mondiale se casse la figure, quelles en seront les conséquences :
a) En termes de niveau de vie?
b) En termes de maintien de la démocratie?
c) En termes géopolitiques (ex : si les usines chinoises ne reçoivent plus de commandes est-ce que la Chine ne va pas dire aux USA : "Eh les gars, on a besoin de sons et cela tombe bien vous nous en devez un paquet. Vous ne savez pas rembourser? Quoi, vous cherchez les embêtements?")
D'autre part je ne doute pas qu'il doit y avoir l'un ou l'autre économiste ou historien qui fréquente ce blog et qui pourrait donc nous éclairer sur la manière dont les crises antérieures ont été gérées. Qui les a bien géré, qui les a mal géré? Pourquoi le Royaume-Uni est-il resté une démocratie dans les années 30, pourquoi l'Allemagne est-elle devenue une dangereuse dictature? Le New Deal pourrait-il fonctionner aujourd'hui? Certes la crise actuelle est dite "globale" ce qui est inédit mais certaines comparaisons sont-elles possibles?
Enfin, si l'on considère que ceci est une crise du capitalisme, comment le système peut-il évoluer? Le capitalisme est-il réformable ou bien tombera-t-il tout comme le socialisme à la soviétique est-il tombé?
Bonjour anonyme (prenez un pseudo, c'est plus drôle).
RépondreSupprimerJe n'ai pas de réponses prêtes à porter à vos questions, mais j'ai par contre développé vos interrogations en détails depuis quelques mois.
Voir ici :
1°/ Manipulation ou incompétence?
http://lacrisepourlesnuls.blogspot.com/2008/09/lincendie-du-reichstag-amricain.html
2°/ Mensonges sur le PIB Belge
http://lacrisepourlesnuls.blogspot.com/2008/12/lgre-contraction-en-2009.html
3°/ Impacts sur le niveau de vie : l'exemple Argentin
http://lacrisepourlesnuls.blogspot.com/2009/01/quand-la-crise-du-crdit-devient-une.html
4°/ Techniques du mensonge d'Etat en démocratie
http://lacrisepourlesnuls.blogspot.com/2009/01/la-rethorique-du-compte-gouttes.html
Par ailleurs, Mish vient de sortir un excellent post qui explique qu'on est en train de tuer le capitalisme en essayant de le sauver avec des recettes Keunésiennes :
http://globaleconomicanalysis.blogspot.com/2009/02/nationalization-train-has-left-station.html
Enfin, sur la manière de réagir, Crhis Martenson reste incontournable à mes yeux :
http://www.chrismartenson.com/crashcourse/chapter-19-future-shock
Michelange,
RépondreSupprimerJe viens de vous envoyer un e-mail avec des spreads de CDS sur l'Etat Belge, BNP Paribas, Fortis Banque et Fortis Holding. Je pense qu'ils peuvent être intéressants pour vous.
Dites-moi si vous l'avez reçu car j'ai dû bien chercher votre adresse e-mail...
Un exemple en miniature de ce qui nous attend ?
RépondreSupprimer«Pointe-à-Pitre est paralysée, vide, morte...»
http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2009/02/18/01016-20090218ARTFIG00477-guadeloupe-la-vie-est-paralysee-vide-morte-.php
Témoignage Irlandais cette fois...
RépondreSupprimerhttp://www.le-blog-immobilier.com/2009/02/tmoignage-irlan.html
La BNP va faire faillite.
RépondreSupprimerLe total des dettes de la BNP est de 2 017 milliards d’euros, alors que ses capitaux propres ne sont que de 59 milliards d’euros !
La norme, c’est ceci : les capitaux propres de la banque doivent absolument être d’au moins 8 % des dettes de la banque.
Pour la BNP, c’est un cataclysme : ses capitaux propres ne représentent que 2,9 % de ses dettes !
Lisez cet article :
« Par ailleurs, le total des dettes de la BNP dépasse maintenant le PIB de la France ! Ce qui est particulièrement dangereux car il est impossible de sauver la situation en cas de faillite.
La BNP et la France ressemblent de plus en plus à ces villages Potemkine qui donnent l’impression que tout va bien (le patron de la BNP répète que ses fonds propres sont largement suffisants).
Ces deux ratios d’endettement (par rapport aux capitaux propres et au PIB) sont fondamentaux.
À partir du moment où ils sont respectés, il est alors possible d’examiner les autres critères d’évaluation qui sont alors significatifs.
Si ce n’est pas le cas, rien ne va plus, et tout peut se produire brusquement d’un jour à l’autre comme on l’a constaté avec la faillite de grandes banques centenaires. »
http://www.jpchevallier.com/article-28114182.html
Je suppose que tout le monde a vu ceci ?
RépondreSupprimerBrzezinski’s Fear: Class Warfare and Destruction of the New World Order
http://www.dailypaul.com/node/83406
Brzezinski, c'est pas n'importe qui !
Oh mon Dieu, les cauchemars vont reprendre :-(
BA si tu prenais un nickname un peu plus sexy et que tu recoupais tes sources, je publierais ton comment en article.
RépondreSupprimerA bon entendeur...
BA, j'ai lu l'article de jpchevallier sur BNP, c'est terrible...
RépondreSupprimer...mais ça recoupe pas : jpchevallier.com annonce un Tier1 à 2,9 alors que FITCH est à 7,6 :
http://www.investir.fr/cours-actions-cotation/FR/ISI/cours-BNP%20Paribas-FR0000131104-BNP/infos-conseils/103738/1,36_milliard_d%E2%80%99euros_de_pertes_au_quatri%C3%A8me_trimestre.html
http://www.easybourse.com/forum-bourse/Societe-Generale/fitch-ratio-tier-1-sg-bnp-paribas-moins-bon-que-pairs-ue-12644-0-913
@BA : Heeeeuuuuu, BNP Paribas faillite ? Si l'analyse de ce Chevallier était vraie ; il y a belle lurette que la banque aurait faillite ! Que je sache, ce n'est pas le cas.
RépondreSupprimerCette analyse de bilan a été faite par un Mickey, si vous voulez lui faire confiance, libre à vous ; mais alors, il faudra répondre aux questions suivantes :
Pourquoi BNP a-t-elle un des meilleurs rating (et le conserve) ? Pourquoi continue-t-elle à faire des profits (alors que la plupart des autres banques annoncent des pertes abyssales) ? Pourquoi les spreads de ses CDS n'ont pas explosé (comme la majorité des autres banques européennes) ?
Soyons sérieux, de grâce !
Michelange,
RépondreSupprimerJ'ai trois questions à vous poser :
1- Est-ce que OUI ou NON la BNP a des dettes de 2017 milliards d'euros ? Si NON, combien ?
2- Est-ce que OUI ou NON la BNP a des capitaux propres de 59 milliards d'euros ? Si NON, combien ?
3- Est-ce que OUI ou NON la BNP a des capitaux propres correspondant à seulement 2,9 % de ses dettes ? Si NON, combien ?
Je sens que certains vont y passer leur week-end :-)
RépondreSupprimerhttp://media-cms.bnpparibas.com/file/38/5/4t08-diapositives-fr.6385.pdf
BA, vous devriez être plus nuancé, parce que votre info n'est pas recoupée, mais n'écoutez pas vos détracteurs : le doute subsiste parce que FITCH et MOODY'S sont des menteur récidivistes et crapuleux, responsables d'une bonne partie de la crise, et que Lippens a pavé dans le mensonge une voie que Prot pourrait très bien prendre, lui qui a annoncé la fin de la crise en juin 2008.
RépondreSupprimerCeci dit, soit vous êtes banquier et capable de refaire les calculs de Chevallier à partir d'une source officielle de données, soit vous lui faites trop confiance. Qu'en est-il?
Merci pour vos efforts, que je respecte. J'ai en effet passé deux heures cette nuit à essayer de trouver une confirmation de vos infos...
J'apprécie vos contributions mais elles me posent problème. Je n'ai pas moi-même les compétences pour répondre à ces questions. Mon principe est que si une source qualifiée s'exprime on peut la citer, et que si deux sources qualifiées indépendantes se recoupent, alors il y a probablement quelque chose.
Chevallier est un peu plus compétent que moi, et très intéressant, mais il n'a pas un lectorat critique comme celui des blogs que je fréquente. Alors comment vérifier ses sources et ses calculs?
Moi je suis prêt croire cet article mais disons que je voudrais bien qu'un banquier me confirme l'analyse technique à partir du PDF des comptes de la BNP.
Si malheureusement il était avéré que le tier 1 ratio est à 2,9, je serais ravi de pouvoir mentionner cet article, mais comme je ne suis pas qualifié, j'attends en général que qqn de compétent recoupe.
Merci Dwarf, pour la présa Paribas très intéressante.
RépondreSupprimerBA, à la slide 44 la justification du Tier1, avec des finasseries 'hors floor' et autres, qui échappent à mes compétences :
http://media-cms.bnpparibas.com/file/38/5/4t08-diapositives-fr.6385.pdf
Dettes de la BNP :
RépondreSupprimer1366 milliards d'euros (= résultat net part du groupe, page 51).
Fonds propres :
43,2 milliards d'euros (page 55).
Les fonds propres de la BNP correspondent donc à seulement 3,16 % de ses dettes.
On est loin, très loin de la norme des 8 %.
http://media-cms.bnpparibas.com/file/38/5/4t08-diapositives-fr.6385.pdf
Pronostic : la BNP va faire faillite.
Bonjour il me semble que la dette est exprimée en millions d'euros alors que les fonds propres sont en milliard.
RépondreSupprimerJe reprends le raisonnement de Chevallier sur jpchevallier.com
RépondreSupprimerTotal dettes de la BNP :
2 016 581 000 000 euros.
Total capitaux propres consolidés de la BNP :
58 968 000 000 euros.
Les capitaux propres consolidés de la BNP représentent seulement 2,92 % de ses dettes.
http://media-cms.bnpparibas.com/file/38/4/etats-financiers-4t2008.6384.pdf
Déroute des Banques et Banqueroute des dés.
RépondreSupprimerLes divers plans destinés à sauver le système financier n’ont quasi aucune chance de fonctionner. Non pas parce que ces plans sont difficiles à mettre en oeuvre (stabilisation, recapitalisation, regroupement des actifs dits "toxiques" dans une poubelle financée par des structures mixtes) ni parce que des Bonus sont payés, mais parce que l'effort doit se porter à un tout autre niveau.
On pourrait, à juste titre, s’étonner de la persistance des banques dans l’actualité de la crise. Elles n’ont, pour la plupart, connu aucun retrait massif des déposants, ces dépôts ont été garantis par l'organisme compétent (USA: FDIC), elles ont bénéficié de lignes de crédit court terme quasi illimitées et du support massif du trésor et de la réserve fédérale, toutes deux à leurs chevets depuis le début de cette crise.
D’où vient l’urgence qui caractérise tous ces plans ?
Toutes les banques évoquées dans l’actualité sont dans l’incapacité de démontrer leur respect du nouveau ratio McDonough (Prêts / Fonds propres), tel qu'adopté par Bâle II et entré en vigueur au 31/12/2006, en remplacement du ratio précédent qui mettait tous les emprunteurs sur le même pied. Depuis Bâle II, les banques pondèrent leurs engagements (prêts) en fonction de leurs procédures internes de management des risques. Ces dernières utilisent des "probabilités" de défaut de remboursement et des "estimations" de pertes qui en résulteraient. Tous les emprunteurs ne sont pas logés à la même enseigne et pour certains d'entre eux, ce sont les agences de notation qui vont grandement influencer ces probabilités.
En apparence, cette méthode était censée représenter plus justement la valeur des actifs.
En réalité, on était -comme dans beaucoup de domaines- en plein syndrome "Monsieur Plus", le but étant de créer plus de valeur avec moins de fonds propres.
Problème actuel
Aujourd'hui la valorisation de ces actifs permet de les diviser en trois grands groupes:
- Ceux dont la valeur est connue et relativement stable sur l'exercice,
- Ceux dont la valeur est connue et qui ont chuté de façon spectaculaire ,
- Ceux dont la valeur est indéterminée.
La distinction entre toxiques et non-toxiques devrait être évitée car difficile à définir: Quelle mesure, quel critère, quel seuil, quelle durée ? Il devient périlleux de se lancer dans l'évaluation de ces actifs, l'évaluation N'ETANT PAS NEUTRE; cette simple constatation est DETERMINANTE dans la compréhension de cette crise.
Flashback
Comment les banques en sont-elles arrivées là ?
- Elles ont trop prêté, prêté inprudemment ou négligé des prendres des garanties suffisantes.
Pourquoi le système s'est-il effondré ?
- A cause de la propagation d'incidents dans le marché des prêts hypothécaires.
Comment ces incidents se sont-ils propagés ?
- Par l'opacité des produits financiers qui ont permis de tromper les procédures d'évaluation des risques qu'ils représentaient.
C'est le résultat, factuel, de l'autopsie. Mais avons-nous identifié la cause du décès ?
La majorité des prêts hypothécaires n'étaient pas de la catégorie subprime et l'arsenal des techniques de stabilisation, recapitalisation, (supra)nationalisation, inondation, émission, détoxification était à la disposition des décideurs économiques, agissant sous le double contrôle du marché et du pouvoir législatif. De plus, des oracles avaient amplement décrit les dangers liés à ces situations systémiques, fournissant en plus de l'analyse des pistes de solution pour éviter l'apparition d'une catastrophe. Cela n'a pas fonctionné et les mesures d’intervention publique se sont enchaînées, pour culminer avec TARP.
Feedback
La figure de style consistant à dire que si rien n'avait été entrepris pour sauver les banques, la situation serait aujourd'hui bien pire est trop éculée pour être crédible. Dire que les «Cassandre» ne sont jamais écoutés me semble très hypothétique, vu les qualités des personnes qui pouvaient agir sur le système.
La véritable contagion s'est opérée par l'apparition d'un phénomène dont il serait bon de déterminer toutes les origines diffuses: Une DEGRINGOLADE, à l'échelle de la planète, de la CONFIANCE. Pas besoin de rappeler les commentaires des pros de la bourse qui n'en pouvaient plus de disserter sur l'incohérence des réactions constatées sur des titres qui étaient totalement hors de l'orbite d'influence des valeurs bancaires ou financières.
Bien sûr, aujourd'hui, on aura beau jeu de constater que l'effondrement actuel de la demande globale en bien et services justifie tous les pessimismes. Prétendre que le marché était arrivé, au début de la dégringolade boursière, à la prédiction d'un ralentissement économique général, me semble le créditer d'une clairvoyance inhabituelle.
Rappelez-vous le nombre de spécialistes venus expliquer que l'ère du pétrole bon marché était révolue, que le tipping point était atteint, que la spéculation représentait un élement négligeable, que la croissance de la consommation était inexorable, voire exponentielle.
Nature de la perte de confiance
Pourquoi le monde financier a perdu confiance dans la capacité du système à absorber les chocs comme les subprime ?
Une partie des raisons provient justement de la prise de conscience de tous les acteurs économiques, du rôle extrêmement central et de plus en plus important de la confiance: Toute valeur ne peut s'apprécier qu'en fonction de la confiance que nous avons à pouvoir nous en séparer. Cette dématérialisation, poussée à l'extrême, finit par engager des blocages. Dans un monde globalisé aux économies interdépendantes, aux medias globaux, une perte de confiance sur un type de valeur devient extrêmement difficile à contenir et la contagion se propage rapidement. Et l'on rentre dans un schéma probabiliste: Quand une population significative (pondérée par l'importance relative des acteurs économiques) commence à penser -par exemple- qu'il soit fort probable que la dette des Etats-Unis ait atteint un niveau trop élevé, elle pose des actes, inspirés par l'érosion de sa confiance, dont la somme produit un mouvement d'ampleur.
La multiplication des personnalités de référence et des contre-références (qui s’étalent sur CNBC, Bloomberg TV), phénomène d'ailleurs généralisé à l'ensemble des domaines, ne permet plus à personne de se dire qu'il existe un pilote dans l'avion.
Il n’y a plus de pourvoyeurs de confiance sur le marché.
Questions centrales
Comment résoudre la question des actifs de valeur indéterminée ?
Aux Etats-Unis, il existe trois possibilités d'évaluer ce genre d'actifs:
-La valeur-marché,
-La valeur-modèle, basé sur le cours et l'évolution prévisible et observée du marché,
et une dernière catégorie ou l'on range ce qui n'est quasi pas liquide, évalué par des statisticiens "maison". Cette dernière catégorie n'intéresse que marginalement tous ceux qui se préoccupent de la santé de l'établissement.
A priori, le moyen le plus simple pour estimer ces valeurs est d'essayer de les mettre en vente ou sur le marché.
Deux conséquences pour celles d'entre elles qui ne sont pas "plain vanilla":
- Leur apparition sur le marché, en quantité, les rend suspectes et alimente les doutes sur la solvabilité du cédant
- Les offres d'achat/vente de ces produits sont actuellement libellées en "pennies on the dollar".
Imaginez que demain, votre billet d'un dollar devienne valeur indéterminée et vous soit repris par votre banque pour quelques cents.
On pourrait imaginer de changer les règles d’évaluation de ces actifs.
C'est une hypothèse qui a d'ailleurs été largement commentée lors de l'âpre négociation au congrès du plan de sauvetage des institutions financières (TARP) au Etats-Unis. L'idée d'une autre comptabilisation est possible, même hautement souhaitée par les banques. Mais, tout comme au Monopoly, il est impossible de changer les règles du jeu au milieu de la partie, sous peine de décrédibiliser toute communication sur la santé financière des institutions.
Beaucoup de chantres de l'omniscience du marché et de des corrections salutaires se mordent les doigts aujourd'hui.
Si ces plans échouent et que les systèmes bancaires américains et européens se révélaient effectivement en dessous de la ligne de flottaison, ce ne serait encore pas la mer de Chine à boire.
Le réel danger, c'est le retour des décisions exclusivement politiques par disqualification des prévisions économiques des spécialistes qui, pour plein de bonnes raisons, et en toute bonne logique, se tromperont.
Des décisions politiques pour sanctionner les abus et errements au sein des ziggurats de la finance sont nécessaires. Les corriger s'impose. Mais pas au détriment de la liberté d'entreprendre, de la prise informée de risques. En cas d'aggravation de la situation, il est à craindre que le politique ne fasse dans la surenchère réglementaire. Ce qui nous entraînera par le fond.
Retrouver la «juste incertitude»
Les solutions proposées sont basées sur l'idée de lever l'incertitude, aujourd’hui totale, sur ces valeurs. Tout est bon afin de diminuer l'entropie du système.
Le système financier mondial ne fonctionne plus correctement quand le niveau d’incertitude est trop élevé ou trop faible.
L'efficacité de toute valorisation arbitraire de ces actifs, quelle qu'elle soit, c'est qu'aujourd'hui, elle fournit trop d'information.
Nous sommes aujourd'hui bien trop renseignés sur l'état du système, ce qui nous permet de dérouler le scénario économique de toute décision qui serait prise. Les montants étant considérables, le poids de toute décision sur ces actifs dans les anticipations économiques des acteurs est légitime.
Pour schématiser: Aujourd'hui l'incertitude trop élevée bloque le fonctionnement normal du système et l'on voit, par exemple, que les interventions des banques centrales n'arrivent pas à résoudre le "credit-crunch".
Demain, après création d'une structure de défaisance, par exemple, le système restera bloqué parce que les acteurs économiques ont déjà pu anticiper le reste du film.
Quel que soit le montant auquel l'Etat les achète, aujourd'hui, les anticipations sur leur valeur sont proches de zéro.
De plus, l'intervention de l'état à plusieurs niveaux crée des redondances complexes et gonfle artificiellement l'addition: Aider les emprunteurs, ensuite les sociétés de prêts hypothécaires, suivies des banques détenant des titres émis par ces sociétés et enfin les assurances garantissant ces titres. Cela illustre la complexité du tri à opérer.
No Value/NoFuture : Comment revaloriser sans ruiner
Les actifs à valeur indéterminée, dits toxiques, sont acceptés comme tels: No value. Pire, beaucoup imaginent que ces actifs de reprendront jamais une réelle valeur". No future.
Certaines banques, souvent moins exposées que d'autres, ont déjà opéré ce choix, valorisé à zéro ces actifs et procédé à une recapitalisation.
Pour sortir de ce dilemme, il faut arriver à revaloriser ces actifs de façon à les réintroduire dans le circuit économique, tout en ne transformant pas l’Etat en vampire exsangue pour les contribuables. Le but étant d'arriver, pour les détenteurs de ces actifs, à un état de confiance dans la possibilité de s'en débarrasser. Autrement dit, retrouver l'état où ils peuvent raisonnablement anticiper des autres acteurs qu'ils envisagent avec sérénité d'en faire l'acquisition ou de les conserver.
Une autre solution de stabilisation
En ces temps troublés, il est bon de chercher réconfort dans la religion. D'ailleurs les banques islamiques n'ont pas manqué de s'enorgueillir de leur immunité (sur papier) en la matière. L'église catholique romaine a développé, au cours des temps, un concept intéressant: Les indulgences.
« Selon la doctrine catholique, le péché est effacé par le sacrement du pardon (confession). Mais ce sacrement n'enlève pas la peine temporelle due au péché, qui se traduit généralement par un temps de purgatoire si elle n'est pas d'abord purgée sur terre par des actes de foi et de charité (actes de réparation). Cette peine temporelle peut être atténuée voire effacée par l'indulgence. L’indulgence est dite partielle ou plénière, selon qu’elle libère partiellement ou totalement de la peine temporelle due pour le péché.
En ce qui concerne les indulgences partielles, elles se comptaient traditionnellement en jours, mois ou années ../.. Les indulgences partielles peuvent être concédées par l'autorité épiscopales, les indulgences plénières étant le fait réservé de la Pénitencerie apostolique ». Cfr. Wikipedia
Nous avons là toute la mécanique nécessaire, prête à transposer.
- L'église représente l'Etat.
- Les banques sont les mécréants confessant leur péchés (déclaration des actifs invalorisables, suivant définition précise, car tout n'est pas péché)
- Peine temporelle et purgatoire, indulgences partielles ou plénières sont à transposer en: produits financiers à différentes maturités, échéances, rendements, règles d'amortissements.
Imaginons un produit financier exceptionnel:
L'indulgence fiscale qui aurait un volet financier ET une utilisation fiscale.
Ces indulgences seraient remises aux banques, en ECHANGE des titres qui plombent leurs actifs, ces derniers étant alors regroupés dans une structure de défaisance, cette dernière s'occupant de leur liquidation avec la célérité d'une agence chargée des déchets nucléaires à longue durée d'activité.
Ces indulgences modulées dans le temps, calculées à partir des titres repris, faisant intervenir de nombreux paramètres qui en préciseraient:
- La partie purement financière: les rendements, la cessibilité, la valeur nominale, la maturité.
- La partie fiscale: Réduction d'impôts pour le détenteur qui décide de l'utiliser, entraînant leur annulation financière.
Ces indulgences seraient donc des produits financiers à part entière, disponibles à la vente, l’achat et la spéculation.
La partie fiscale serait utilisable par tous, SAUF pour les banques qui ne pourraient pas utiliser leurs propres indulgences. Elles pourraient, bien sûr en acquérir auprès d'autres banques, moyennant conditions.
Ces indulgences seraient, idéalement, cotées sur un marché spécifique.
Elles ont pour but de verrouiller les banques dans une attitude plus proche de leur rôle canonique: Assurer l'intermédiation financière.
La démarche proposée leur permet de lever -sans fixer- l'incertitude sur leur fonds propres et enclenche le cercle vertueux suivant:
Pour augmenter la valeur de ces indulgences, ce qui permettra à l'organisme bancaire d'augmenter ses fonds propres donc sa capacité à créer de la valeur et du profit, il faut que leur demande par les acteurs économiques soit soutenue.
L'intérêt des acteurs pour ces produits dépendra largement de l'état de leurs propres profits taxables.
Ces derniers étant directement liés à leur performance, les banques auront intérêt à reprendre immédiatement une politique de crédit à l'investissement, tant pour les entreprises que pour les particuliers.
Pour l'état et les contribuables la facture sera contrôlée, étalée dans le temps, liée à l'évolution de la conjoncture et conforme aux grands objectifs de politique économique. Les banques conservent leur indépendance, l'état ou les contribuables n’en deviennent pas propriétaires.
On pourra ainsi, par un artifice coûteux mais finançable, remonter le temps en conservant le système actuel, imparfait, mais dont la stabilisation est indispensable avant toute réforme en profondeur du casino. On évitera la banqueroute des dés.
En résumé, chacun reste dans ses attributions tout en étant mis à contribution pour nous sortir tous de l'ornière.
@BA :
RépondreSupprimerMalheureusement, pas spécialiste non plus...
D'abord, je me demande si on ne confond pas "Tier 1" (qui doit en effet être proche de 8%) avec un autre ratio "Capitaux Propres / Dettes" (dont je ne connais pas la norme...).
Pour le Tier one, on dirait que le calcul se fait ainsi :
Fonds propres = 41.7
/ Actifs pondérés = 535.1
=> Tier 1 = 7.8%
Le risque pondéré est détaillé p.42. Je pense que ce montant est le résultat de calculs hyper complexes (Bâle 2 + Var = ça pue !).
Au delà de ça, je me demande si :
1. Il est vraiment possible pour une banque de publier des chiffres aussi détaillés et de tromper tous les analystes de marché, les auditeurs et les agences de notation. Ca me paraît gros (@Michelange, bien sûr les agences de notation ont foiré dans les ABS et les CDOs, mais il s'agit ici simplement de la lecture d'un bilan = ça me paraît à leur portée...).
2. Pour rejoindre le commentaire de Anonyme, je pense qu'il y a des banques qui ont aujourd'hui beaucoup plus de problèmes que BNP...
Avis à 6p01053664f2c5970c : très intéressant article, mais beaucoup trop long, vous avez planté blogspot, j'ai dû reposter le mien....
RépondreSupprimerAvez-vous un lien, que je remplace votre commentaire par QQCH de plus digeste?
BA, j'avais très bien compris, mais vous ne répondez pas à mes objections, qui portent sur la nécessité d'avoir :
RépondreSupprimer- soit soi-même la qualification d'analyste ;
- soit deux sources indépendantes;
- soit une source de première qualité (Mish, Riholz, Roubini, Whitney...)
Merci Coco Lapin, je suis de ton avis, mais je laisse bien sûr la porte ouverte à BA et à Chevallier pour répondre...
RépondreSupprimerPour ce qui est des agences de notation, je suis moins indulgent et plus nuancé que toi.
D'accord, elles ne se tromperont pas (et ne mentiront pas) sur un chiffre publié, mais elles dissimuleront volontiers toutes les Madofferies du monde tant qu'aucun chiffre officiel ne les oblige à cracher le morceau.
Par exemple les hors-bilan de Citigroup dénoncés par Meredith Whitney en avril 9 mois avant l'ignoble bailout de C...
Plus encire, il suffit de voir le rating des banques U.S. en septembre 2008 pour comprendre que ces agences ne sont absolument pas fiables, voire criminelles.
@Michelange
RépondreSupprimerJe comprends ; mais je pense qu'il y a aussi une part qui vient des banquiers.
A mon sens, ce sont eux qui "cachent" des choses aux agences de notation et aux organismes de contrôle ! Ceux-ci sont, dans une certaine mesure, impuissants par rapport à cela...
Long débat bien sûr...
bonsoir,
RépondreSupprimeren parcourant les resultats 2008 de BNP
http://media-cms.bnpparibas.com/file/38/5/4t08-diapositives-fr.6385.pdf
le résultat net part du groupe, page 51 est exprimé en millions d'euros.
Donc @BA il ne faut pas lire 1366 milliards d'euros mais 1366 million d'euros soit 1,366 milliards d'euros
Christine Lagarde en faveur de la nationalisation des banques en faillite.
RépondreSupprimer« Il est tout à fait normal de nationaliser des établissement financiers qui ont fait faillite, même s'il n'est guère idéal que des banques soient gérées par des Etats », déclare Christine Lagarde.
S'exprimant à l'école de journalisme de l'université de Columbia, à New York, la ministre de l'Economie a également dit que les dirigeants de tous les pays étaient désormais résolus à ne pas se laisser se reproduire une faillite de type Lehman, dont la chute, en septembre dernier, est largement tenue pour responsable d'une accélération de la crise financière qui a plongé le monde développé dans la récession.
« Si des établissements financiers font faillite, alors il ne fait aucun doute que l'Etat doit intervenir », a dit Christine Lagarde.
http://www.lesechos.fr/info/finance/reuters_00122894-lagarde-en-faveur-de-la-nationalisation-des-banques-en-faillite.htm
Pronostic : la première banque française qui sera nationalisée après avoir fait faillite sera la BNP.
@Michelange Baudoux
RépondreSupprimerMerci pour le commentaire et désolé pour la taille. Je n'ai pas de lien à proposer; Il s'agit d'un commentaire (à l'origine en Anglais) écrit pour un séminaire dans le cadre de mon activité professionnelle. Vous pouvez l'enlever ou le déplacer à votre guise.
Pour ce qui est des bilans publiés par les banques, ils représentent une interprétation de leurs comptes destinés à rassurer leurs partenaires et qui puisse tenir la route en cas d'action judiciaire future contre la banque ou ses dirigeants. Ni plus, ni moins. En extraire plus qu'une tendance est un exercice stérile.
C'est pour avoir ignoré ce principe d'asepsie dans la communication que Madoff et Stanford se retrouvent dans le collimateur de la justice.
Ephedrine, nous pouvons quand même faire quelques observations concernant les banques françaises.
RépondreSupprimerSociété Générale : états financiers consolidés au 31 décembre 2008.
Total dettes : 1 089 116 millions d’euros.
Total capitaux propres : 40 887 millions d’euros, soit seulement 3,75 % des dettes.
http://library.corporate-ir.net/library/21/217/217918/items/324870/87B0CCAB-9166-4D4A-84A1-D62197186AD3_etatsfinancier.pdf
BNP : états financiers consolidés au 31 décembre 2008.
Total dettes : 2 016 581 millions d’euros.
Total capitaux propres : 58 968 millions d’euros, soit seulement 2,92 % des dettes.
http://media-cms.bnpparibas.com/file/38/4/etats-financiers-4t2008.6384.pdf
BA,
RépondreSupprimerVous serait-il possible de répondre à Coco Lapin et al : un ratio dettes/capitaux propres de 2.9% est-il anormal?
Quand vous écrivez "La norme, c’est ceci : les capitaux propres de la banque doivent absolument être d’au moins 8 % des dettes de la banque." il semble que vous confondiez avec le Tier1 capital (fonds propres/actifs pondérés).
Ce dernier semble bien à 8,4% pour BNP après l'injection récente d'argent frais par l'état.
Pour ce qui est du pronostic sur la France, n'oublions pas que, au vu de la capacité de leurs économie à encaisser le choc des bilans bancaires, l'Angleterre et de la Suisse sont en plus fâcheuse posture :
RépondreSupprimerhttp://lacrisepourlesnuls.blogspot.com/2008/10/pays-gagnants-pays-perdants.html
BA, Coco Lapin,
RépondreSupprimerCette phrase de JP Chevallier semble abusive :
"Les dirigeants de la BNP annoncent un ratio Tier à 7,8 % proche de la norme de 8 % alors qu’il est en réalité de 2,9 % (c’est l’inverse de µ en pourcentage)."
http://www.jpchevallier.com/article-28114182.html
Je repense à cela : dans l'esprit de Bâle, toutes les dettes ne peuvent pas être mises sur le même pied !
RépondreSupprimerEn effet, prêter de l'argent à une commune par exemple est beaucoup moins risqué que de prêter à une start-up. Additionner ces deux dettes ne donnerait pas une image réelle du risque de la banque.
Dans le calcul des ratios, je pense qu'il faut pondérer les dettes en fonction de leur risque (ce que nous ne pouvons pas faire de l'extérieur bien sûr).
Prendre le montant total des dettes du bilan d'une banque me semble un peu "léger" dans ce contexte.
A nouveau, je ne suis pas spécialiste et je ne peux pas mettre toutes les pièces du puzzle ensemble malheureusement...
Et prendre au sérieux ce que nous dit la BNP sur ses soi-disants " " actifs " " c'est pas un peu léger ?
RépondreSupprimerQui accorde encore aujourd'hui la moindre signification à ce que nous racontent les banques à propos de leurs " " actifs " " ?
Qui ?
@BA : C'est un argument tout à fait valable !
RépondreSupprimerJe pense que toutes les banques trichent et qu'on va encore découvrir des choses.
Mais honnêtement, je ne vois pas pourquoi BNP serait "pire" que les autres à ce petit jeu ?
Tous les indicateurs sont peut-être faux ; mais ils sont tous relativement meilleurs que les concurrents ; c'est tout de même une réalité à prendre en compte.
Si une banque française doit faire faillite, j'irais d'abord voir du côté de Natixis ou Calyon...
L'Allemagne veut sauver les banques en expropriant leurs actionnaires.
RépondreSupprimerFace à la débâcle de ses banques, l'Allemagne a décidé mercredi 18 février de recourir aux grands moyens. Elle pourra si besoin les nationaliser en expropriant les actionnaires, une première depuis la Seconde Guerre mondiale.
Un projet de loi a été adopté en conseil des ministres par le gouvernement de la chancelière conservatrice Angela Merkel, et doit être présenté rapidement aux députés du Bundestag. Il prévoit de pouvoir lancer une « procédure d'expropriation » des actionnaires en échange d'indemnisations, une mesure qui court jusqu'au 30 juin 2009.
http://www.lepoint.fr/actualites-economie/l-allemagne-veut-sauver-les-banques-en-expropriant-leurs/916/0/318381
BNP :
Total dettes : 2 016 581 millions d'euros (ça, on en est sûr).
Total capitaux propres : 58 968 millions d'euros (ça, on en est sûr).
Le ratio dettes/capitaux propres est seulement de 2,92 % (ça, on en est sûr).
Je parie que la BNP fera faillite et sera nationalisée avant le 15 avril.
Bonjour,
RépondreSupprimerje tiens à apporter ma touche à cette conversation très intéressante. Sans tenir compte du langage familier, je vous félicite pour la qualité de vos interventions qui touchent des aspects très techniques.
Mon intervention ne concernera que le destin de BNP, pour éviter de disserter sur les autres sujets, même si nous avons tous des certitudes à partager, d'après les informations collectées via nos réseaux de contacts.
@BA, dernier post.
Oui, BNP va se retrouver en situation de cessation de paiement à court terme, et se mettra à couvert grâce à la loi sur les faillites.
Oui, Christine Lagarde jouera les pompiers et fera intervenir l'Etat français.
Oui, il y a un plan de communication établi et qui est en vigueur pour préparer le bon peuple à accepter la situation.
@ Coco Lapin - dernier post.
Oui, les indicateurs sont faux, et non, ils ne sont pas meilleurs que les concurrents.
A ce titre, il est bon de nuancer ou rappeler ceci:
- les ratios, et autres indicateurs, ne sont établis que pour participer à un tableau de bord financier aidant à la prise de décision (et donc d'investissements). Ces indicateurs peuvent être dans le rouge, cela n'empêche pas au véhicule de continuer de rouler (vers le mur?).
- le rachat de Fortis Banque était la dernière manoeuvre que BNP pouvait mettre en place pour réajuster ses ratios (et principalement le ratio de solvabilité).
- le rachat de Fortis Banque (*) était une manière simple de débourser peu de milliards pour un bilan bien fourni, avec beaucoup de milliards en cash. BNP n'aurait ainsi pas été en cessation de paiement, le temps de convertir des créances en cours (convertibles au quatrième semestre 2009).
(*) l'achat de Fortis Insurance Belgium aurait le coup de poker de BNP vu que, grossièrement on peut caricaturer la situation belge comme suit : les banques peuvent facilement jouer les dépôts de leurs clients, tandis que les assurances doivent s'assoir sur un petit tas d'or (constitué par les primes payés par les assurés) pour toujours être en état de payer un sinistre quelle que soit sa valeur (astronomique ou non).
- le ministre belge des finances, Didier Reynders, s'est engagé vis-à-vis du président français, Nicolas Sarkozy à tout faire pour valider le rachat de Fortis Banque (et FIB optionnellement) par BNP. Le retour d'ascenseur est plutôt du domaine de la politique internationale.
Du point de vue politique, l'accord était honorable et équilibré, mais du strict point de vue de Fortis, c'était une donation à l'Etat français.
- bizarrement, aucun média subsidié n'a rapporté qu'une large délégation de BNP (plutôt 80 personnes comme ordre d'idée) avait débarqué à Bruxelles pour négocier les termes du rachat, après avoir analysé les actifs CIRCULANTS de Fortis Banque et Fortis Assurance. Personne n'a mentionné que ces gens avaient été logés et nourris au frais du contribuable belge, et encore moins que les faits se situent pendant l'été 2008.
Est-il normal de négocier en une nuit ou un week-end ? Il est plus simple d'avoir des rapports d'audits circonstanciés...
- ainsi, tandis que l'Assemblée Générale de Fortis du 11 février 2009, à laquelle j'étais présent, a refusé la vente de Fortis Banque à l'Etat belge, et de ce fait la vente de Fortis banque par l'Etat belge à BNP, vous pouvez constater dans les médias subsidiés que le ministre belge continue à venter les mérites d'une vente à BNP et continue à la négocier... Alors que Fortis (holding) doit négocier l'arrêt de la vente de Fortis banque à l'Etat belge. Didier Reynders veut donc vendre un bien qui ne lui appartient pas, car il veut son ascenseur en retour... Les Français ont cependant bien compris qu'ils devaient faire une croix sur Fortis banque, et sont donc passé à "l'étape suivante" : préparer un autre futur pour BNP.
Je vais éviter de spéculer sur les deux techniques possibles pour rendre possible cette "nationalisation" de BNP.
Par exemple, le fait que Didier Reynders soit intervenu via la SPI ou non ne change rien à son pouvoir de décision et au fait que la dite Assemblée ait vu une manoeuvre mise en place pour forcer le Oui (la vente à BNP).
En conclusion, BA gagnera son pari sur la faillite de BNP...
(pourquoi les gens doivent-ils chaque fois faire des longues tartines, juste pour donner leur approbation à une phrase qu'ils ont lues ??)
@Charon
RépondreSupprimerVous semblez en savoir plus que ce que vous ne pouvez dire, je comprends cela.
Je suis très pessimiste sur l'avenir économique et sur l'état des banques (vous pouvez lire mes interventions pour vous en convaincre...).
Malgré cela, je serais très surpris si ce que vous dites est vrai. Je ne vois pas en quoi une banque qui fait des bénéfices, qui conserve un meilleur rating que les autres, et dont les spreads CDS restent à des niveaux raisonnables (inférieurs à l'Etat belge par exemple !) serait dans une situation pire que ses concurrents qui font des pertes, sont dégradés par les agences de notation et voient leurs spreads exploser...
Je ne dis pas que vous vous trompez, je dis juste que je serai surpris quand cela arrivra.
Rendez-vous est pris en tout cas ;-)
Bon, moi je dis : si la BNP est au bord de l'implosion (ce que je suis prêt à croire) alors toutes les autres aussi (ce qu'annonce explicitement mon article sur l'Armageddon).
RépondreSupprimerDonc je voudrais bien qu'on m'explique pourqoi le Tier1 est faussé et non fiable, plutôt que de marteler un chiffre, par ailleurs public et connu de tous, lié aux dettes non pondérées.
BA, Charon, vous avez à présent trois options :
1°/ Démontrer techniquement, si possible avec littérature de tiers à l'appui, que le ratio capital/dette est relevant. J'imagine que'on peut faire appel à des précédents comme Lehman ou Fortis, ou encore Citibank.
2°/ Démontrer techniquement, si possible avec littérature de tiers à l'appui, que le ratio tier1 est faussé chez BNP et chez SG. J'imagine que c'est plius difficile à faire, mais ici encore Meredith Whitney avait pointé les hors-Bilan de Citi correctement en avril, inspirez-vous de son travail.
3°/ Vous avez eu ou vous avez un poste qui vous permet de comprendre la situation des banques. Alors dites-le clairement et contactez-moi par e-mail off the record (mbaudoux@gmail.com). Si vous pensez que JPChevallier va dans la bonne direction, je relaierai l'info.
les bourses remontent et déjà beaucoup crient victoire, le krach est évité ERREUR! cette remontée des bourses ne repose sur rien, sur des rumeurs souvent. De plus on ne peut pas repartir en faisant comme si de rien n'était et surtout pas en utilisant les mêmes méthodes vielles de trente ans qui consistent à créer des richesses avec de l'endêtement. Les marchés boursiers se remettent en selle, mais les écuries n'ont pas été nettoyées.....
RépondreSupprimerEtats-Unis : un gouvernement de banquiers, une politique menée par les banquiers, pour les banquiers.
RépondreSupprimerdimanche 19 avril 2009
Le président américain Barack Obama a choisi le responsable qui devra piloter les efforts gouvernementaux de stabilisation du système financier en la personne de Herb Allison. Agé de 65 ans, Herb Allison a fait l’essentiel de sa carrière au sein de la banque d’affaires Merrill Lynch, où il était parvenu au poste de directeur opérationnel.
http://www.lesechos.fr/info/inter/afp_00138415-obama-a-choisi-le-responsable-du-plan-de-stabilisation-des-banques.htm
Timothy Geithner est depuis le 26 janvier 2009 Secrétaire au Trésor des États-Unis. Sa profession : banquier.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Timothy_Geithner
Rahm Emanuel est le chef de cabinet de la Maison Blanche. Sa profession : banquier.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Rahm_Emanuel
Voici les 20 principaux contributeurs de chaque candidat, OBAMA et MC CAIN. Je remarque deux choses.
1- Première chose : les sommes données par les 20 principaux contributeurs à OBAMA sont beaucoup plus importantes que les sommes données par les 20 principaux contributeurs à MC CAIN.
2- Seconde chose : quand une banque d’affaires donnait de l’argent aux deux candidats, elle donnait deux à trois fois plus d’argent à OBAMA.
Exemples :
Goldman Sachs a donné 228 695 dollars à MC CAIN, mais 874 207 dollars à OBAMA.
JPMorgan Chase a donné 215 042 dollars à MC CAIN, mais 581 460 dollars à OBAMA.
Citigroup Inc a donné 296 151 dollars à MC CAIN, mais 581 216 dollars à OBAMA.
Morgan Stanley a donné 262 777 dollars à MC CAIN, mais 425 102 dollars à OBAMA.
http://dechiffrages.blog.lemonde.fr/files/2008/11/les-20-principaux-contributeurs-de-chaque-candidat.1225816529.pdf
Conclusion : en 2009, la politique des Etats-Unis est décidée par les banquiers, pour les banquiers.
le système bancaire s’est écroulé comme système indépendant depuis des mois, les états et leurs organes (que sont les banques centrales) ont pris le relai. Le système bancaire se réduit aux banques centrales. Les banques ne pourront s’éffondrer qu’avec leurs protecteurs. Les banques centrales n’ont pas d’obligation de bilan, donc elles peuvent financer advitam eternam tous les déficits. Le risque à venir est l’éffondrement des monnaies, en particulier le dollar, c’est celui d’aller chercher sa baguette avec une brouette de billets de banque comme dans les années trente en Allemagne.
RépondreSupprimerCrise économique : hier nous étions au bord du gouffre, aujourd’hui nous avons fait un grand pas en avant !
RépondreSupprimer** Tous les prétextes semblent bons pour alimenter la hausse des actions depuis la mi-mars. Cependant, les marchés rentrent dans une phase où la prise en compte de nouvelles favorables — et l’impasse systématique sur toute actualité ayant un caractère tant soit peu négatif — entraîne désormais de spectaculaires sur-réactions haussières qui font passer les marché du réconfort à l’euphorie en quelques minutes, comme aux plus belles heures de la bulle immobilière.