
Bonsoir, bienvenue au moment où l'auteur de ce blog se tire une balle dans le pied pour voir si ça fait mal... En bon sophiste et relativiste, je suis allé lire tout-à-l'heure dans le camp d'en face et j'en reviens avec des idées opposées à tout ce que je défends depuis neuf mois. Les fidèles de ces colonnes vont pouvoir résilier leurs abonnements, ou bien se déchaîner sur les commentaires... à moins qu'ils ne se laissent convaincre!
En surfant de blog en blog, je suis tombé sur celui-ci, joliment intitulé "The Money Illusion", et là je peux vous dire que ça dépote. Ce tout récent brûlot, absolument bien foutu et pour le moins interpellant, est l'oeuvre de Mr. Scott Summer, qui a été prof d'Economie pendant 27 ans aux U.S.A.
Summer est un monétariste, et même un Friedmanien pur souche, qui à longueur de posts pourfend les Keynésiens et Néo-Keynésiens (Paul Krugman et autres), mais aussi les Autrichiens (tant pis pour Mike Sheldock) et s'en prend avec beaucoup de brio à Anna Schwartz, la grande traîtresse, qui avait cosigné l'ouvrage-clé de Milton Friedman et vient de passer Keynésienne.
[The Money Illusion : "Friedman & Schwartz vs. The Austrians"]
Loin des formules matheuses, le récent bloggeur et vieux monétariste se préoccupe plus d'argumentation que de chiffres. On notera donc avec intérêt que Mr. Summer est une téra-dan du raisonnment par l'absurde, et voici l'une de ses perles, extraite d'un petit article sur la déflation :
"Essayons maintenant de voir ce que donnerait une politique déflationniste de taux d'intérêts négatifs. Dès qu'on fixe le taux d'intérêt réel négatif à 3%, le taux directeur de la banque centrale est de zéro. Si les salaires et les prix ont un peu de viscosité, une sévère récession (Ndt : diminution de la production globale) est déclenchée. "Et c'est alors qu'intervient la triple wamashi par l'absurde du téra-dan rhétorique Scott Summer :
"La déflation et la récession une fois enclenchées entraînent une correction boursière violente, surtout à partir du moment où le marché prend conscience de la déflation.
La récession entraînerait également la chute radicale des prix des des matières premières les plus cycliques, beaucoup plus bas que la chute des prix moyens. La déflation et la récession entraînent des difficultés à rembourser les emprunts, et donc de nombreuses banques pourraient faire faillite. "
"On peut imaginer que la masse monétaire irait en diminuant, mais ce n'est pas complètement certain. Le cash et les réserves deviennent très attractifs en cas de déflation et d'instabilité, donc on peut supposer que la demande réelle pour les liquidités aura augmenté de 60%. Si la Banque Centrale voulait empêcher la déflation de dépasser les 3%, elle devrait compenser partiellement la demande réelle de cash en augmentant la masse monétaire de 57%."
"Le lecteur astucieux aura pu entrevoir de nombreuses similitudes entre mon scénario et la Grande dépression. De manière intéressante, on n'a jamais supposé, à l'époque de la Grande Dépression, que cette crise ait pu être causée par une politique monétaire trop sévère : les taux d'intérêt étaient à l'époque très bas et la masse monétaire s'était fortement augmentée. Mais on en sait plus aujourd'hui, et on sait que la politique monétaire était en fait trop stricte, relativement aux besoins du moment. Dieu merci, la Fed a appris ses leçons, et on ne se retrouvera plus jamais confronté à ce problème de politique trop sévère... à moins que?"
"Vue de près (Les USA dans les années 1930, le Japon dans les Nineties) la déflation ne donne jamais l'impression de venir d'une politique monétaire stricte. Elle apparaît plutôt comme le fruit de ce qui devrait être les symptômes d'une telle politique, ou des événements qui l'ont causée. Avec le temps et le recul, on peut se rendre compte de l'aveuglement des gouverneurs des banques d'avant-guerre, ou même démontrer que les Japonais n'y comprennent rien."Dans le genre violent, on ne fait pas mieux. Comme disait l'autre : "Chuck Norris ne perd jamais en bourse, ce sont les investisseurs qui se sont éloignés des vraies valeurs de l'existence." [plus sur ce sujet]
"Sommes-nous aujourd'hui trop collés au problème? La crise initiale du subprime en 2007 n'a certainement pas été la conséquence d'une politique monétaire trop stricte. Mais que penser du recul mondial du PIB, qui a commencé durant la seconde moitié de 2008? Si un jour on le reconnaît également comme la conséquence d'une politique monétaire trop sévère souvenez-vous que c'est ici que vous l'avez lu en premier."
[The Money Illusion : "What would really, really, really tight money look like?", traduction maison]
En bon sophiste, Summer est capable d'adopter le point de vue du camp d'en face, et aime à déplorer que les macro-économistes passent plus de temps en dialogues de sourds qu'à de vrais échanges de vues.
C'est là une attitude remarquable, et, si le propos est discutable sur le fond, le blog de Summer, qui n'est ni bêtement critique ni cryptiquement technique, est un exemple remarquable d'honnêteté rhétorique.
Petite perle dans ce domaine, son déminage du concept de "politique monétaire" qui est employé par tous les économistes alors que certains font référence au loyer de l'argent (taux d'intérêt) alors que d'autres lui font désigner les volumes de monnaie en circulation (agrégats monétaires) et d'autres encore la valeur de l'argent (par rapport à un étalon, comme l'or).
A cet égard, Summer défend le "Fiat Money" (argent émis sans contrepartie) en rappelant que l'étalon-or était une des causes de la Grande Dépression, dont l'économie américaine ne s'est extirpée que grâce la mise en place du Fiat Money. Et pan! dans la tronche de toute la blogosphère, à commencer par les auteurs de "Money as Debt", et par Chris Matserson, que nous avons maintes fois relayé sur ces pages...
Mais bon, s'il est si malin, qu'est-ce qu'il en pense de la crise, ce Monsieur Summer?
- La crise est dûe à des taux d'intérêts trop hauts en 2007-2008, exactement comme au japon dans les nineties et comme aux USA entre 1923 et 1928.
- Bernanke n'est pas assez radical, mais va dans la bonne direction, et en tout cas sa politique est rationelle et se base sur la bonne analyse.
- Ce n'est pas la politique monétaire laxiste et la détérioration de la qualité du crédit qui ont provoqué la crise, c'est un mouvement cyclique de repli de la production. Ceux (comme moi) qui pensent que Greenspan, avec ses taux trop bas, a déclenché l'Armageddon immobiler et puis le ralentissement du PIB inversent la causalité.
- Cette crise aurait pu et dû être évitée par une politique monétaire adéquate dans les années 2004-2008.
- A présent, rien ne sert de s'occuper des banques et de la finance, il faut plutôt stimuler l'activité économique. Summer rejoint ici Martin Wolf, le très respecté chroniqueur du Financial Times.
Dubito, ergo mi fa male la testa, comme disait la femme de ménage de Descartes.
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chapeau bas pour ce blog très instructif, qui rejoint ma lecture quotidienne de Paul Jorion, Luc Abadie, ContreInfo, Paul Dontigny, Ron Paul, Jim Rogiers, Marc Faber, Peter Schiff, et j'en passe.
RépondreSupprimertout à fait d'accord avec votre précédent commentaire concernant la différence de traitement entre KBC et Fortis: we zitten in de pataten et cela me déprime méchamment ce qui se passe dans notre pays de cocagne (il n'y a qu'à vivre à l'étranger pour voir le potentiel qui existe en Belgique et est jeté par la fenêtre par des politiciens incompétents et qui lobotomisent la population - ou serait-ce l'inverse?).
@sevy-yves
RépondreSupprimerMerci pour ces encouragements.
Et oui. On risque d'Argentiniser notre belle Belgique, ou d'Honneckeriser toute l'Europe...
j'aime pas les films de chuck norris…
RépondreSupprimerC'est parce que tu le connaîs mal :
RépondreSupprimerhttp://4q.cc/index.php?pid=top100&person=chuck
Tu essaies de nous provoquer là ? Je suis encore un peu endormi pour répondre sérieusement... En tout cas, c'est chouette de voir les idées d'en face ; tu as raison sur ce point. A plus tard !
RépondreSupprimerQue cela soit déflation,
RépondreSupprimerinflation,
dépression
...
j'ai la très nette impression
que de toute façon
c'est toujours les mêmes qui l'ont dans le fion !
Plus sérieusement, si l'on en croit certains la crise est pratiquement terminée et la reprise est attendue pour courant 2010 au pire 2011.
RépondreSupprimerOn prévoit une perte de 51 millions d'emplois au niveau mondial cette année, on nationnalise à tour de bras, on injecte des milliards et milliards à gauche et à droite....
Et ce ne serait qu'une correction ?
Il faudra bien un jour ou l'autre payer la facture ... et ce jour-là, si t'es pas à la tête du pays ou d'une grosse boîte ... c'est toi qui sortira ton portefeuille de ta poche !!!
Maintentant si tu cherches à arrêter ton blog parce tu en as marre... et que tu cherches une bonne raison de l'arrêter genre "les excuses sont faites pour s'en servir", je peux te donner une info de première.
Il existe dans notre système solaire un gros caillou qui se ballade tout seul comme un grand et qui fait 1.5 fois la taille de la terre. Se caillou devrait se rapporcher dangeuresement de la terre avant 2060. Si celui-ci passe derrière le soleil alors on est sauvé. Si celui-ci passe entre le soleil et la terre alors on est cuit. Les cataclysmes qui seront alors déclenchés vont provoquer le bordel total sur terre. Ce caillou est appellé : Planète X, Sedna, Nibiru ou encore la douxième planète. On a, a peu près écrit tout et n'importe quoi sur ce gros caillou. Mais son existence aurait déjà été prouvée et ne serait pas liées à de sombres élucubrations d'écrivains en mal de fric ! Pose-toi la question de savoir pourquoi le vatican a dépensé 250 millions de dollars pour faire construire un observatoire en Arizona !
@Dwarf
RépondreSupprimerAaaaah enfin un ennemi commun pour nous unir tous!
Puisqu'il comprend si bien les causes de la crise, ce Mr Summer l'avait prévu depuis au moins 2 ans, n'est-ce pas?
RépondreSupprimerDonc, ça veut dire qu'il faut acheter de l'or ou bien rembourser son emprunt hypothécaire?? ;)
RépondreSupprimerLes fausses leçons de 1929.
RépondreSupprimerC'est fou, ce qu'on apprend à l'école. C'est fou, parce que cela n'a parfois qu'un rapport très lointain avec la réalité. Exemple frappant : la Grande Dépression des années 1930. A y regarder de près, les leçons qui en ont été tirées sont fausses. Et ces erreurs pourraient bien expliquer nos difficultés à comprendre la crise actuelle, et à en sortir. Petit tour d'horizon.
Leçon n° 1 : « La politique monétaire a asphyxié les entreprises. »
Après le krach de Wall Street le 24 octobre 1929, la banque centrale des Etats-Unis aurait fermé le robinet à liquidités, plongeant ainsi les banques et les entreprises dans le chaos. C'est faux. Dans la semaine qui a suivi le krach, la Fed a au contraire baissé son principal taux d'intérêt. Elle a aussi injecté massivement des liquidités. Elle a ensuite continué, ramenant son taux de référence à 0,5 % début 1931. L'économie américaine n'a donc pas été précipitée dans la crise par la politique monétaire. Elle y est allée toute seule, avec un système financier cassé par le krach. La première leçon financière de 1929, c'est qu'il faut réparer les banques.
Bien sûr, la Réserve fédérale a ensuite commis des erreurs dramatiques. Elle a relevé son taux d'intérêt pour garder son or, stoppé les injections de liquidités, replongé l'économie dans une profonde récession en 1937 en resserrant sa politique monétaire pour éviter l'inflation. Mais ce n'est pas elle qui a tué l'économie américaine au début des années 1930.
Leçon n° 2 : « La crise a entraîné le protectionnisme. »
L'effondrement de l'économie aurait provoqué l'adoption par le Congrès américain de la loi Smoot-Hawley relevant les tarifs douaniers sur plus de 20.000 produits, promulguée par le président Herbert Hoover le 17 juin 1930. La réalité est tout autre. La loi Smoot-Hawley vient d'abord de la guerre de 1914-1918. Les hommes partent alors pour les champs de bataille. Ils brûlent les terres où ils s'affrontent et ne cultivent plus les autres. La production agricole s'effondre. Mais comme il faut tout de même manger, l'Amérique augmente ses cultures pour nourrir l'Europe. A la fin de la guerre, les paysans européens délaissent le fusil pour la charrue. Avec une production qui remonte, les prix agricoles dégringolent et les paysans américains demandent des mesures de protection. Une seconde raison alimente les pressions protectionnistes : les progrès de l'industrie. Henri Ford ouvre la première chaîne d'assemblage automobile en 1913. Les colossaux gains de productivité pèsent sur les prix.
La première loi protectionniste est votée à Washington dès 1922. En 1928, Herbert Hoover remporte l'élection présidentielle en promettant de serrer la vis. Dans son discours inaugural début 1929, il affirme que cette promesse, « pour rendre justice à nos fermiers, nos salariés et nos industriels, ne peut pas être repoussée ». Bien sûr, la crise a amplifié les mesures protectionnistes. Mais le coup était parti bien avant.
Leçon n° 3 : « Puis le protectionnisme a entraîné la crise. »
La fermeture des frontières aurait provoqué l'implosion du commerce mondial, la dépression et in fine la guerre. L'économiste Alan Metzler affirme que le choc de la loi Smoot-Hawley a « contribué à convertir une ample récession en une profonde dépression ». Certes, chacun des deux événements de départ est indéniable. A partir de la loi, il y a bien eu une impressionnante vague de protectionnisme, puisque plus de soixante pays ont relevé leurs tarifs douaniers ou instauré des quotas. Et le commerce mondial a vraiment implosé, puisque le volume des échanges internationaux s'est effondré d'un tiers de 1931 à 1934.
Mais la fermeture a-t-elle vraiment causé la chute ? Il est permis d'en douter en éclairant 1929 à la lumière de 2009. Aucune mesure protectionniste d'ampleur n'a été prise jusqu'à présent, même si des coups de canif ont été donnés ici et là. Et pourtant, le commerce international s'effondre, comme au début des années 1930. Tous les industriels emploient la même expression : ils n'ont jamais vu une chute physique d'une telle ampleur. Les navires se raréfient sur les routes maritimes. La Chine a diminué ses importations de 43 % en un an, le Japon a subi une baisse de ses exportations de 35 %, l'Allemagne de 12 %. Si le commerce dégringole, ce n'est pas à cause des barrières, mais à cause de l'étouffement financier qui pousse chacun à se replier sur ses bases. Il s'est sans doute produit la même chose dans les années 1930. Avec ensuite une amplification du phénomène par la construction de barrières. Si la menace du protectionnisme ne doit pas être ignorée, elle ne doit pas non plus être amplifiée. Le vrai problème, une fois encore, est l'implosion financière.
Leçon n° 4 : « La dépense publique a sauvé l'Amérique. »
Avec son New Deal, Franklin Roosevelt aurait remis sur les rails l'économie des Etats-Unis. Cette leçon est essentielle... mais elle est loin d'être certaine. D'abord, son prédécesseur Hoover avait déjà laissé filer la dépense publique. Ensuite, si l'activité repart en 1934, elle rechute ensuite. En 1938, l'Amérique produit moins qu'en 1929 ! C'est en réalité l'effort de guerre qui relance vraiment la machine (comme un peu plus tôt en Allemagne), avec une explosion de la dette publique. Passée de 16 % du PIB en 1929 à 40 % en 1933, elle ne varie guère jusqu'en 1941 avant de tripler en cinq ans.
Aujourd'hui, les historiens débattent encore de la relance des années 1930. A la fin du XXIe siècle, leurs successeurs débattront peut-être de l'utilité des relances mises aujourd'hui en oeuvre. Les 150 milliards de dollars injectés l'an dernier par George Bush aux Etats-Unis n'ont provoqué qu'un hoquet d'achats. Les 3.000 milliards dépensés par les Etats des pays riches en cette année 2009 pour soutenir la consommation et l'investissement pourraient bien relever aussi du gâchis (le sauvetage d'entreprises asphyxiées est en revanche précieux, comme l'avait montré l'exemple Alstom en 2004). L'utilité économique de la relance budgétaire reste à prouver. Son utilité politique est à l'inverse évidente : elle montre que les gouvernants agissent ou plutôt réagissent. Par les temps qui courent, c'est peut-être nécessaire pour éviter la montée de populismes ravageurs.
Leçon n° 5 : « La dévaluation n'est pas la solution. »
Cette leçon-là est vraie ! Le 21 septembre 1931, le Royaume-Uni décide que la livre sterling n'est plus convertible en or après avoir subi de violentes attaques spéculatives sur les marchés financiers. La devise britannique dévisse aussitôt de 30 % face au franc. Plus de quarante monnaies suivent, y compris le dollar en 1933. Le chaos monétaire gagne le monde. Dès 1936, les pays des trois grandes monnaies mondiales - le dollar, la livre et le franc - signent une déclaration de coopération. Huit ans plus tard, les accords de Bretton Woods créent un système stable.
Le problème, ici, est que cette leçon risque d'être oubliée. Face à la crise, la tentation de la dévaluation revient d'autant plus fort que c'est le premier qui tire qui gagne. Le président de la Réserve fédérale, Ben Bernanke, grand spécialiste de la crise de 1929, l'avait dit clairement en 2002 : « Il y a des cas où une politique de change a été une arme efficace contre la déflation. Un exemple frappant de l'histoire américaine est la dévaluation par Roosevelt du dollar contre l'or en 1933-1934 » qui « a permis de mettre fin à la déflation américaine remarquablement vite. » Le monstre de la dévaluation unilatérale pourrait bien refaire surface.
Ce petit tour montre que le monde n'est pas sorti de la crise de 1929 comme on le raconte. Nous devrons nous tourner vers des hérésies - mais, après tout, l'idée de nationaliser les banques en était une il y a à peine un an.
- Il faudra peut-être de l'inflation pour effacer un endettement devenu écrasant et donc une « euthanasie des rentiers », pour reprendre l'expression de Keynes.
- Il faudra peut-être accepter les préceptes de la vieille école autrichienne pour qui, comme l'explique Gérard Dréan, « la cause des crises n'est pas ailleurs que dans les booms qui les ont précédées » et donc « la seule réponse est la purge et le sevrage, nécessairement douloureux » (1).
- Seule certitude : pour sortir de la crise, il faudra penser autrement.
Jean-Marc Vittori est éditorialiste aux « Echos ».
Note :
(1) « Lumière autrichienne sur la crise », par Gérard Dréan, dans la revue « Sociétal », n° 63, 1er trimestre 2009.
http://www.lesechos.fr/info/analyses/4835273-les-fausses-lecons-de-1929.htm
@ BA
RépondreSupprimerMerci, voilà un bon post et pile sur le sujet de l'article. Faudrait voir à poser la question à Mr. Summer...
Bonjour
RépondreSupprimermerci pour ce blog très instructif
je ne vous cache pas que je suis un peu perdu après ce volte face
pourriez vous "vulgarisez vos propos" en quelques mots afin qu'un ignare comme moi comprenne mieux votre dernier post
Bonne continuation
Dans cet article, je constate un fait : si certaines interprétations possibles de la crise de 1929 tentent jeter le discrédit sur la politique actuelle de la Réserve Fédérale, il existe au moins un blogger digne de foi qui défend le contraire avec brio.
RépondreSupprimerMais rassurez-vous, je demeure de l'avis que j'ai toujours défendu, c'est à dire grosso modo en ligne avec les vues de Jean-Marc Vittori postées ci-dessus par BA, et avec tous mes posts précédents.
Je ne fais pas vraiment volte-face, c'est juste une manière auto-ironique (et donc saine) de souligner que :
- toutes les convictions théoriques peuvent être mises en question;
- il est possible d'être intelligemment (sans argument d'autorité ou modification évidente des faits) d'un autre avis que le mien;
Donc pas de panique. Mr. Summer me donne du bon fil à retordre, mais ça m'oblige juste à mieux me documenter. A défaut, le post de BA constitue déjà une bonne réplique.
J'aurais bien voulu d'auilleurs qu'un lecteur démionte dans l'un de ses commentaires l'argumentation de Summer sur la crise actuelle, qui est elle aussi très intéressante.
* * *
Au risque de vous embrouiller encore plus : je pense que comprendre le point de vue opposé est important, parce que l'économie c'est aussi du social et donc on la crée par ce qu'on en dit autant qu'elle nous crée par ce qu'elle nous dit, c'est une forme de religion moderne.
Autrefois la religion organisait le pouvoir et le partage des ressources, c'est le rôle dévolu aujourd'hui à l'économie.
Si, comme l'a dit Bourdieu "La Sociologie est un sport de combat" alors l'économie est la coupe des coupes de vainqueurs de coupe.
Et le fondement de son fonctionnement est la rhétorique. D'où le "choc du kung-foutre", le "valet puant", la "rhétorique du compte-gouttes", etc.
Salut,
RépondreSupprimerBlog très intéressant.
Je suis incapable de réfuter point par point les arguments de Scott Summer (demandez à Frédéric Lordon ! ;) )
Sur Friedman, voici ce qu'en disait Rocard fin 2008 :
"Friedman a créé cette crise ! Il est mort, et vraiment, c’est dommage. Je le verrais bien être traduit devant la Cour pénale internationale pour crimes contre l’humanité. Avec son idée que le fonctionnement des marchés est parfait, il a laissé toute l’avidité, la voracité humaine s’exprimer librement."
http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2277
Pour autant est-ce que Rocard a fait tout le nécessaire quand il était ministre sous Mitterand pour empêcher le démantèlement de l'Etat français au profit du secteur privé ?... C'est une autre question.
Quoiqu'il en soit de très, trop, nombreux éléments révèlent quand même une sorte de manipulation internationale engendrant ces crises à répétitions. A chaque fois, une minorité en sort grandie (financièrement).
En attendant le gros caillou, il serait bon de faire changer les choses...
Bonjour,
RépondreSupprimerJe suis un peu hors sujet mais bon... C'est pour faire un coucou à BA, et (mais vous avez déjà dû le voir) signaler que marianne2 vous... BA-tifie !
http://www.marianne2.fr/Quand-est-ce-qu-on-nationalise-la-Societe-generale-_a175521.html?voir_commentaire=oui#comments
Première remarque: Il faudrait qu'ils arretent aux "Echos" de raconter toujours la meme sornnette:
RépondreSupprimerC'est pas Roosevelt qui a fait repartir l'économie américaine.
Ben si, justement! C'est pas lui qui a engagé les USA dans la guerre peut-etre? C'est lui ou c'est Charlot?
Ensuite il a donné du pouvoir d'achat aux "col bleus" ne l'oublions pas...
Alors l'abruti néo-libéral dont je me souviens plus le nom dans cet article déclare que c'est une baisse de la production qui...
C'est ça guignolo, quand personne n'a le fric pour consommer, d'ou le crédit..
Bon SVP, arretez de nous faire rire avec de tels margoulins...
Merci.
Je pense que le tout premier argument est que les autrichiens ont deux temps d'avance sur tous les autres car ils ont prédit cette crise. Les autres doivent (1) d'abord expliquer pourquoi ils n'ont rien vu venir avant de (2) commencer à expliquer la crise. Les autrichiens ne doivent déjà pas passer par là.
RépondreSupprimerLié à cela, Summers dit que les taux étaient trop hauts en 2007-2008. Je n'ai entendu personne à l'époque dire que c'était une mauvaise décision...
Aussi, je lis dans l'article : "Thus contrary to the Austrian view, as long as the overall inflation rate is under control, one can ignore asset price bubbles".
Là, je pense que cette opinion est assez minoritaire ; même chez les keynésiens et les monétaristes...
Il conviendra ici d'expliquer comment une bulle de prix d'actifs est (a) censée durer éternellement (ce n'est jamais arrivé) (b) censée décroître sans dégâts (ce n'est jamais arrivé) à moins que (c) une "asset bubble" qui explose (ce qui est toujours arrivé) soit une bonne chose (comme cette crise par exemple).
Tout le monde s'inquiete quand une "asset price bubble" se forme. Même Greenspan à sa grande époque !
Je n'ai pas plus de temps aujourd'hui ; malheureusement...
Pourquoi ? Mais pourquoi n'est-il pas Président ?
RépondreSupprimerhttp://www.youtube.com/watch?v=MpQlB3f9Al4
Michelange, les cycles longs de Kondratiev (80 ans) et l'hiver de kondratiev vous connaissez ?
RépondreSupprimerLes monetaristes ce sont des conneries, la meilleure preuve c'est que toutes les methodes monetaristes ont echoue au Japon et vont echouer actuellement
En economie et en finances enormement de cons, a part s'en mettre plein les poches ils savent pas faire autre chose
Madoff vous avez entendu parler ? les indices etaient acablants pour des personnes informees il y a des annees.
vous etes en retard d'une guerre...civile ou autre Michelange. Lisez-vous le site suivant ?
http://www.leap2020.eu/GEAB-N-2-Sommaire_a129.html
Ce Monsieur devra aussi expliquer (assez rapidement...) pourquoi tout ce qui a été essayé jusqu'à présent n'a eu aucun effet positif (je suis gentil là...) sur l'économie ! Même si "on n'en fait pas assez", on devrait quand-même avoir quelque effet positif là, non ?
RépondreSupprimerOui oui oui "leap2020", "Lordon", Kondratiev" on connaît. Intéressant mais le point n'est pas là.
RépondreSupprimer@ "leap2020", "Lordon", "Kondratiev" : autant d'arguments d'autorité.
Messieurs, attention, au risque de perdre des lecteurs, je vous signale que vous faites avec vos experts ce que Santander et UBS on fait avec Madoff : signer les yeux fermés, et refuser ensuite un débat rationnel sur le fond...
@ "Sornette, Abruti"
Alors avant d'abuser d'épithètes faciles, faites votre devoir : lisez Summer ou abstenez-vous de vous défouler, merci.
@ tous, souvenez-vous: cette crise a été bâtie par les plus grands salopards de ce monde sur des arguments d'autorité et sur des épithètes faciles. Mias, au nom d'autres idéaux, vous vous comportez comme eux!
Donc : STOP! carte jaune à tout le monde... à part Coco Lapin, dont les arguments sont structurés et très honorables, personne ici ne prend la peine de COMPRENDRE Summer avant de le critiquer.
Pleaaaaaaaase, arrêtez de parler comme des banquiers!
Je viens de lire un peu plus du blog... Je n'en reviens pas convaincu, c'est le moins qu'on puisse dire. Désolé si je dois aller vite et si je schématise un peu trop sa pensée...
RépondreSupprimerSi je comprends bien, tout ce qui compte aux yeux de Summer, c'est le niveau des prix et le GDP nominal (la production réelle semble fort peu l'intéresser). En résumé, ce que je comprends, c'est que le rôle de la Fed est de mettre assez d'argent en circulation pour maintenir la croissance (nominale) des prix et la croissance (nominale) du GDP. Dans cette optique, il est "logique" de voir la politique de la Fed actuelle comme étant trop restrictive (puisque les prix baissent et le GDP aussi).
Selon Summer, un maintien de la croissance du GDP nominal soutient automatiquement l'économie ! Une phrase sur ce dernier point (au hasard) :
"If we use monetary policy to boost nominal spending, it won't merely help the macroeconomy, it would also greatly reduce the severity of the banking crisis."
Je ne vois malheureusement pas d'explication sérieuse sur ce dernier point qui me semble pourtant très discutable.
C'est un peu du wishful thinking ; comme son idée de donner un nouvel indicateur à la Fed : des futures sur le GDP growth. Selon lui, le marché peut le prédire et aidera la Fed dans ses décisions... Là encore, je pense que le marché peut surtout exagérer très fort les attentes (positives et négatives)... Selon lui, c'est indicateur aurait toujours été positif pendant la crise (mais ne dit pas pourquoi) et on aurait évité grâce à cette "vision" la crise actuelle.
"Switch to a 4% or 5% nominal GDP target, which is a hybrid inflation/real growth target (and in my view is a better target anyway.) Under that sort of regime we never would have experienced the dramatic economic crash that occurred last fall. That is, expectations of nominal GDP growth would have remained at about 5%, instead of falling into negative territory."
A nouveau, on insiste sur le target qui doit être "nominal" (si le real growth baisse, l'inflation doit monter) et les "expectations" seraient restées à 5% : je demande à voir que son marché soit resté constant...
A un autre endroit, j'adore :
- Set a NGDP or CPI (level) target, and promise to make up for any under- or overshooting.
- Be much more aggressive in changing policy quickly when the inflation/recession risks threaten to become unbalanced. In other words, don't emulate the ECB.
=> La BCE a un mandat très strict sur l'inflation et le prend très au sérieux. Elle met un point d'honneur à être crédible sur le maintien de son objectif. C'est pour cela qu'elle ne change pas de politique de manière violente ! Les années d'expérience de la Bundesbank sont là. Demdander d'être respecté et crédible sur la politique d'inflation et demander des actions violentes me semble, là aussi, contradictoire, l'histoire de la Bundesbank (et maintenant de la BCE) le prouve assez bien...
En extrapolant, son idée revient à dire que si l'économie réelle montre des signes de faiblesse, on peut sans problème la substituer avec une politique monétaire moins restrictive. Les Keynésiens diraient qu'on peut la stimuler ; lui, il va plus loin il dit qu'on peut la substituer ! Si la richesse disparaît, on peut l'imprimer.
Et sur le temps que vous discutez méthode pour s'en sortir, "Le Monde" nous sort un petit article sur les risques de révoltes populaires, de guerre civile et nous propose de faire nos réserves :-)))
RépondreSupprimerhttp://www.lemonde.fr/la-crise-financiere/article/2009/02/26/apres-la-crise-financiere-la-guerre-civile-preparez-vous-a-quitter-votre-region_1160698_1101386.html?xtref=
@Anonyme (prenez donc un pseudo, c'est plus facile et plus drôle)
RépondreSupprimerMerci pour l'excellent commentaire.
Je relaye chez Scott Summer :
<<<<<
Scott, it was really the worth. My article says you are a defensor of monetary policy who dares being honest in his arguments and uses ad absurdum with brio.
Personally, I don't know if I'm still an Austrian would-be (economy is new to me, and I can't do the math).
And, consequently, my usual readers did trhow a few classical and less classical arguments in their comments to my post.
I'm afraid my competences are not at the requested height.
The main arguments are :
- How do you stimulate the GDP in a productivity downturn in a strictly monetary fashion?
- Figures about money expansion before and after 1929 are contested, woul you know of a significant article with straightforward presentation of data ?(as we are not economists)
Kind Regards,
Michelange
>>>>>
@Dwarf :
RépondreSupprimerL'article c'est un copié-collé de Leap2020.
c'est la premiere grande crise des banques centrales
RépondreSupprimerelle a commencée au Japon et aujourd'hui c'est le systéme montaire qui s'effondre de façon systémique comme un chateau de carte
la crise sera longue car les patrons des banques centrales n'ont pas tout essayé encore et qu'ils ne se géneront pas de le faire
d'après le professeur FEKETE (certe c'est un fan du beau métal) réduire le taux d'interet
n'a pour résultat qu'une augmentation de la dette :Growth And Debt: Is There A Trade-off?
How To Stop The Depression
http://www.professorfekete.com/
taux directeur de la boj : 0,1 %
taux directeur de la fer : 0 à 0,25
Et toutes les autres grandes banques centrales (UK europe ) en feront de meme
de la déflation vers l'hyperinflation
The long-term outlook for the dollar is bleak, claims Panzner. There are too many "unnatural holders" who only own the dollar because of its status as a reserve currency. But in the dark times ahead, as capital is repatriated around the world, dollars will be sold. More worryingly, Panzner fears a general loss of confidence in fiat currencies, as central bankers around the world turn to the electronic printing press as a palliative. A deflationary psychology could suddenly give way to concerns about hyperinflation. At that moment, money would become a hot potato, passed from hand to hand as quickly as possible.
RépondreSupprimerInvestors must judge for themselves the likelihood of this scenario. However, they shouldn't ignore it. The biggest losses over the last year and a half have been suffered by those wishful-thinkers who refused ever to consider the worst-case scenario