
Joe Biden, Vice-Président élu et futur n° 2 de Barack Obama, a déclaré ce samedi devant les caméras de ABC que la situation économique aux Etats-Unis est "bien pire qu'ils ne l'auraient cru" et qu'il y a un "danger réel de voir l'économie sombrer".
[ABC : "Joe Biden : Economy in Danger of absolutely tanking"]
Et de suggérer que le train annoncé de mesures d'encouragement, d'un montant de 1.000 milliards de USD, est d'autant plus nécessaire.
Qu'en penser, quand on sait que les mesures de relance sont restées jusqu'à présent sans effet sur le crédit, qui refuse de reprendre?
[L'Echo : article payant : "Le stress financier atteint des niveaux extrêmes"]
En attendant, le très Barbare et fort stéroïdotypé gouverneur de Californie vient d'annoncer deux jours de congé sans solde obligatoires par mois pour les employés de l'état, à partir de février, et une réduction d'effectifs de 10% en 2009.[Mish's Economic Analysis : "California Implodes in multiple ways"]
Doit-on s'attendre à des mesures du même tonneau dans 12 mois en Belgique? Demandez-le à ceux pour qui vous avez voté aux dernières élections...
Pour bien comprendre dans quelle déliquescence se trouvent aujourd'hui les Etats-Unis et leur moneytron mondial, on lira avec consternation le rapport de Harry Markopolos, rendu public en 2005, qui dénonçait il ya trois ans la fraude Madoff. Ce rapport, adressé au régulateur US toujours en fonction, MR. Christopher Cox, directeur de la SEC, a été ignoré.
[The Big Picture : "SEC Ignored Detailed 2005 Complaint re: Madoff"]
Tout sur la vie et l'oeuvre de Markopolos, qui travaillait pour une firme rivale de celle de Madoff, l'a dénoncé pendant 10 ans, depuis 1999 jusqu'à aujourd'hui, sans parvenir à le faire tomber :
[Wall Street Journal : pdf : "Harry Markopolos Whistleblower Extraordinaire"]
L'arnaque géante de 50 milliards de dollars inexistants, créés avec une quinzaine de milliards bien réels, a finalement éclaté au grand jour en 2008, à cause de la crise du crédit qui a déclenché trop de retraits pour que le système puisse continuer.Mais n'importe qui de compétent s'en serait rendu compte rien qu'en lisant la brochure de présentation distribuée aux clients. On y lit que la firme prétend tirer ses profits d'une stratégie sur des contrats d'options dont le volume quotidien aurait dû être dix fois supérieur à celui tous les contrats réels quotidiens du marché.
[Bloomberg : "Madoff Strategy Dwarfed Market in Trades ‘Never Done’ "]
Pendant 9 ans, en dépit de cete énormité, et en dépit du rapport Markopolos, personne n'a rien dit, personne n'a rien fait, et même la BNP en a pris une bonne tranche, sans regarder à vérifier les comptes...
Qu'est-ce que le ministère, temporairement décapité, des finances belges, qui jette les épargnants Fortis dans les bras de ladite BNP, va bien pouvoir nous donner comme explication?
Pour les fans d'entre vous : 30 minutes de video où Bernard Madoff explique à des gens comme vous et moi que le système de régulation bancaire US est inviolable.
Video : [Dealbreaker : "And Let Us Just Say, Bravo!"]
Pour les plus paresseux, l'extrait qui tue :
"'In today's regulatory environment, it's virtually impossible to violate rules...this is something that the public doesn't understand...it's impossible for a violation to go undetected, and certainly not for a long period of time."Et puis, pour couronner le pompon, sachez que la nièce à Madoff travaille pour lui et que son mari a été l'un des représentant de la S.E.C.
- Bernard Madoff
[thedeal.com "Love Connection: Starring Bernie Madoff and the SEC"]
[video : ABCnews : "SEC Official Married into Madoff Family"]
Et histoire d'enfoncer une bonne fois pour toute le clou dans la goutte qui fait déborder la cerise sur le gâteau, sachez que Bernard Madoff, ancien directeur du NASDAQ, a également été membre d'un conseil de guidance de la S.E.C.
"Madoff sat on a committee of academics, regulators and executives formed in 2000 by former SEC Chairman Arthur Levitt to advise the Securities and Exchange Commission on new stock market rules in response to the growth of electronic trading.Alors, quels enseignements en tirer?
Madoff has led the trading committee at the Securities Industry Association, Wall Street's biggest trade group, and served as chairman of the Nasdaq Stock Market."
[thedeal.com "Madoff advised the SEC, while duping it"]
D'abord, le Roi pourrait prendre Mr. Van Rossem aux finances, et envoyer Mr. Reynders en formation chez Maurice Noël...
En attendant, notre organe belge de régulation, le CBFA, est toujours représenté par Mr. Servais, qui, à propos de la santé de Fortis, a ouvertement menti à la télévision en choeur avec Mr. Reynders, le Ministre de Finance pas encore démissionnaire à l'époque. Petite vidéo ci-dessous où l'on entend Mr Servais se justifier [source : RTBF]
Mr. Servais a peut-être, comme il en excipe, le droit à l'erreur. Mais alors il l'a exercé dans des proportions inacceptables, et ferait bien de suivre son chef de chorale sur les sentiers de la décence.
Et puis, surtout, faute d'avoir eu la force de réclamer dès jeudi la démission de Yves Leterme, et pour avoir laissé le VLD se montrer plus courageux qu'eux, tous les présidents de partis de la majorité, en particulier les francophones, feraient bien d'y aller avec.
Enfin, un peu de nettoyage chez les juges sera forcément nécessaire.
Alors seulement, la commission parlementaire belge chargée d'examiner la gestion de la crise par le gouvernement pourra commencer à se poser la seule question qui compte : à qui profite le crime?
C'est vrai après tout, qui sont exactement les Madoff belges?
[La crise pour les nuls : "Belgique : une commission sur la crise"]
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On voit sur le graphe que les 




