samedi 20 décembre 2008

USA : bien pire que prévu (update3)


Joe Biden, Vice-Président élu et futur n° 2 de Barack Obama, a déclaré ce samedi devant les caméras de ABC que la situation économique aux Etats-Unis est "bien pire qu'ils ne l'auraient cru" et qu'il y a un "danger réel de voir l'économie sombrer".
[ABC : "Joe Biden : Economy in Danger of absolutely tanking"]

Et de suggérer que le train annoncé de mesures d'encouragement, d'un montant de 1.000 milliards de USD, est d'autant plus nécessaire.

Qu'en penser, quand on sait que les mesures de relance sont restées jusqu'à présent sans effet sur le crédit, qui refuse de reprendre?
[L'Echo : article payant : "Le stress financier atteint des niveaux extrêmes"]


En attendant, le très Barbare et fort stéroïdotypé gouverneur de Californie vient d'annoncer deux jours de congé sans solde obligatoires par mois pour les employés de l'état, à partir de février, et une réduction d'effectifs de 10% en 2009.
[Mish's Economic Analysis : "California Implodes in multiple ways"]

Doit-on s'attendre à des mesures du même tonneau dans 12 mois en Belgique? Demandez-le à ceux pour qui vous avez voté aux dernières élections...

Pour bien comprendre dans quelle déliquescence se trouvent aujourd'hui les Etats-Unis et leur moneytron mondial, on lira avec consternation le rapport de Harry Markopolos, rendu public en 2005, qui dénonçait il ya trois ans la fraude Madoff. Ce rapport, adressé au régulateur US toujours en fonction, MR. Christopher Cox, directeur de la SEC, a été ignoré.
[The Big Picture : "SEC Ignored Detailed 2005 Complaint re: Madoff"]

Tout sur la vie et l'oeuvre de Markopolos, qui travaillait pour une firme rivale de celle de Madoff, l'a dénoncé pendant 10 ans, depuis 1999 jusqu'à aujourd'hui, sans parvenir à le faire tomber :
[Wall Street Journal : pdf : "Harry Markopolos Whistleblower Extraordinaire"]

L'arnaque géante de 50 milliards de dollars inexistants, créés avec une quinzaine de milliards bien réels, a finalement éclaté au grand jour en 2008, à cause de la crise du crédit qui a déclenché trop de retraits pour que le système puisse continuer.

Mais n'importe qui de compétent s'en serait rendu compte rien qu'en lisant la brochure de présentation distribuée aux clients. On y lit que la firme prétend tirer ses profits d'une stratégie sur des contrats d'options dont le volume quotidien aurait dû être dix fois supérieur à celui tous les contrats réels quotidiens du marché.
[Bloomberg : "Madoff Strategy Dwarfed Market in Trades ‘Never Done’ "]

Pendant 9 ans, en dépit de cete énormité, et en dépit du rapport Markopolos, personne n'a rien dit, personne n'a rien fait, et même la BNP en a pris une bonne tranche, sans regarder à vérifier les comptes...

Qu'est-ce que le ministère, temporairement décapité, des finances belges, qui jette les épargnants Fortis dans les bras de ladite BNP, va bien pouvoir nous donner comme explication?

Pour les fans d'entre vous : 30 minutes de video où Bernard Madoff explique à des gens comme vous et moi que le système de régulation bancaire US est inviolable.
Video : [Dealbreaker : "And Let Us Just Say, Bravo!"]

Pour les plus paresseux, l'extrait qui tue :
"'In today's regulatory environment, it's virtually impossible to violate rules...this is something that the public doesn't understand...it's impossible for a violation to go undetected, and certainly not for a long period of time."
- Bernard Madoff
Et puis, pour couronner le pompon, sachez que la nièce à Madoff travaille pour lui et que son mari a été l'un des représentant de la S.E.C.
[thedeal.com "Love Connection: Starring Bernie Madoff and the SEC"]
[video : ABCnews : "SEC Official Married into Madoff Family"]


Et histoire d'enfoncer une bonne fois pour toute le clou dans la goutte qui fait déborder la cerise sur le gâteau, sachez que Bernard Madoff, ancien directeur du NASDAQ, a également été membre d'un conseil de guidance de la S.E.C.
"Madoff sat on a committee of academics, regulators and executives formed in 2000 by former SEC Chairman Arthur Levitt to advise the Securities and Exchange Commission on new stock market rules in response to the growth of electronic trading.
Madoff has led the trading committee at the Securities Industry Association, Wall Street's biggest trade group, and served as chairman of the Nasdaq Stock Market."
[thedeal.com "Madoff advised the SEC, while duping it"]
Alors, quels enseignements en tirer?

D'abord, le Roi pourrait prendre Mr. Van Rossem aux finances, et envoyer Mr. Reynders en formation chez Maurice Noël...

En attendant, notre organe belge de régulation, le CBFA, est toujours représenté par Mr. Servais, qui, à propos de la santé de Fortis, a ouvertement menti à la télévision en choeur avec Mr. Reynders, le Ministre de Finance pas encore démissionnaire à l'époque. Petite vidéo ci-dessous où l'on entend Mr Servais se justifier [source : RTBF]

video
Mr. Servais a peut-être, comme il en excipe, le droit à l'erreur. Mais alors il l'a exercé dans des proportions inacceptables, et ferait bien de suivre son chef de chorale sur les sentiers de la décence.

Et puis, surtout, faute d'avoir eu la force de réclamer dès jeudi la démission de Yves Leterme, et pour avoir laissé le VLD se montrer plus courageux qu'eux, tous les présidents de partis de la majorité, en particulier les francophones, feraient bien d'y aller avec.

Enfin, un peu de nettoyage chez les juges sera forcément nécessaire.

Alors seulement, la commission parlementaire belge chargée d'examiner la gestion de la crise par le gouvernement pourra commencer à se poser la seule question qui compte : à qui profite le crime?

C'est vrai après tout, qui sont exactement les Madoff belges?
[La crise pour les nuls : "Belgique : une commission sur la crise"]



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Breaking news



Monsieur le Premier Ministre désormais démissionaire, apprends une fois un peu à chanter...
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jeudi 11 décembre 2008

Légère contraction en 2009?


On nous annonce que l'économie belge va subir une 'légère contraction', de l'ordre de 0,2% en douze mois.
"La Belgique devrait enregistrer, en 2009, une croissance économique négative de 0,2 pc "ou même un peu plus", selon les prévisions conjoncturelles présentées lundi par la Banque nationale (BNB)."
Source [L'Echo : "L'économie belge en récession en 2009"]


Visiblement, on sait, à la BNB et au Gouvernement, beaucoup de choses qu'on ne nous dit pas... et qui s'écrivent tout haut sur le site de la Banque des Règlements Internationaux!

Pour commencer, il suffit de jeter un oeil sur le graphe ci-dessous...
[source : Financial Times Alphaville : "A deviant 2008"]

On voit sur le graphe que les deux années les plus noires de toute l'histoire boursière des USA, en deux cents ans d'archives, ont été 1931 et 2008, marquées par 50% de chute de la bourse...

Pour ceux que les images n'impressionnent pas, osons les mots : la panique d'octobre c'était juste un zakouski : la crise mondiale du crédit est seulement en train de prendre sa vraie dimension.

Venons-en donc à ce que dit la Banque des Règlements Internationaux, selon laquelle le crédit reste aujourd'hui gelé bien que les Banques Centrales aient injecté des quantités astronomiques d'argent dans les banques.

En effet, les banquiers ne veulent plus prendre le risque de prêter à des entreprises en difficultés sur un marché menaçant alors qu'aujourd'hui tous les grands comptes (GM, citibank, Fortis, RBS, Opel...) peuvent faire garantir leur déficit par l'Etat.

Comme prédit par Mish les politiques US et Européennes de 'soutien' à l'économie sont contre-productives... [Mish's Economic Analysis : "Humpty Dumpty On Inflation"]

Allez donc jeter un œil sur les graphes dans cet article qui vaut vraiment le coup : Mish tente de définir, arguments à l'appui, si nous aurons la déflation ou l'inflation, et il montre que les banques ont accumulé une quantité incroyable de liquidités nouvellement imprimées par les Etats, qui ne manqueront pas d'entraîner une dramatique inflation lorsque la crise du crédit sera passée...

En attendant, personne ne prête plus rien parce que plus rien n'est sûr.

Ca donne lieu à des exhortations impuissantes à l'adresse des banques, de la part des administrations et des banquiers centraux. Lors de sa récente déclaration de conjoncture, le président de la BCE Jean-Claude Trichet annonçait à Londres :
"The banking sector needs to also do its part by committing to reactivating the interbank market, resuming their intermediation role and implementing the necessary reforms aimed at strengthening the resilience of the financial system in the long term. The Governing Council of the ECB looks forward to witnessing your action in this regard and will continue to support your efforts."
Source : [BCE : Jean-Claude Trichet: "Remarks on the financial turmoil"]

Traduction Française : "Bon Dieu les banquiers, vous allez vous bouger le cul, oui?"
Eh bien non, Jean-Claude, ils ne vont surtout rien bouger du tout les banquiers : ils vont tranquillement garder leur cul dans ce beurre dont tu leur as retartiné une bonne couche en novembre, avec notre pognon de modestes eurocitoyens contribuables...

La réalité : selon la Banque des Règlements Internationaux, le taux officiel de prêt interbancaire (LIBOR) reste anormal bien qu'officiellement amélioré par les injections de cash.

Et puis, surtout, tous les indicateurs factuels de prêts bancaires sont dans le rouge, avec un fait alarmant du côté des entreprises : les obligations (emprunts) du secteur privé ne trouvent plus preneur : les émissions nettes d'obligations à moyen et long terme ont chuté de 77 % [L'Echo : article payant : "Le stress financier atteint des niveaux extrêmes"]

Note : sur le site de l'Echo, l'article sur les 0,2% de contraction en 2009 et les discours officiels de la BNB sont en accès libre, alors que celui sur le stress financier n'est même pas mentionné sur le site. Merci l'Echo! Sur le Titanic non plus, on n'a pas annoncé aux passagers de troisième classe que 90% d'entre eux allaient être abandonnés. Et on a donc bien gentiment empêché toute action intelligente de leur part, tandis que des canots à moitié vides quittaient le navire et que l'équipage, armes à la main, empêchait les désespérés de monter à bord.

A propos de Titanic, saviez-vous qu'il avait coulé en deux heures, dont 1h55 de dérive avec tout le monde en parfaite santé et 5 minutes pour engloutir 1300 personnes? Je vous propose deux ans de dérive aux USA et un plongeon radical en un mois, quelque part en 2009, bien à gauche de la case 2008 sur le grand graphe en haut.

Et dans l'onde de choc, on peut redouter un beau plongeon, subit, abyssal et irréversible, de notre beau belge pays vers des années très noires, voire vers un système Argentin : instable, arbitraire, inféodé...

Les banquiers, qui sont les premiers informés, ne prêtent plus. L'emploi et la consommation, premiers moteurs de l'économie, sont au bout du rouleau. Et les prévisions sont négatives dans tous les secteurs : l'automobile est à bout de souffle, même en Europe, tandis que l'immobilier poursuit sa chute partout, y compris aux USA.

En dehors des inutiles sommes d'argent jetées par les états à la tête des banquiers, on n'a plus lu une seule bonne nouvelle significative dans l'Echo, le Financial Times ou sur Bloomberg, depuis le Karch d'octobre.

Dans le camp des plus alarmistes, Karl Denninger n'y va pas de main morte et annonce 30% de diminution du PIB américain :
"We have taken a 10% GDP drop in 2000 and turned it into a 20% one in August of 2007. Now, with the actions of the last year and change (especially the last six months) we've turned that into a thirty percent GDP correction that must occur (that is, an increase of 50% in SIX MONTHS!) and if we don't stop this crap it will nearly double again by next June.
[Source : Market-Ticker : "More Media LIES"]
En attendant, le capitaine de la BNB nous rassure avec son porte-voix : "0,2% de contraction en 2009".

Moi ce que j'entends, c'est le clapotis des rames de la chaloupe qui s'éloigne...

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Fortis : encore des contradictions.

Reynders une fois encore pris la main dans le sac avec ses déclarations de septembre sur la stabilité des banques belges :

[L'Echo : "Fortis: l'Etat néerlandais aurait envisagé une nationalisation dès l'été"]
"Avant l'été, nous avions constaté Nout Wellink et moi-même que cela n'allait pas bien avec Fortis", a déclaré le Ministre Wouter Bos.
Bos prévoyait que des tensions allaient naître entre les intérêts des Pays-Bas, de la Belgique, du Luxembourg et le management du groupe et que cette situation devrait être reglée très rapidement.

"Alors j'ai envisagé que l'Etat reprenne la partie néerlandaise de Fortis"

Cette déclaration ne manque de de surprendre puisque jusqu'ici on pensait que l'idée d'une nationalisation n'était apparue qu'en septembre, pointe encore le magazine.


vendredi 5 décembre 2008

Belgique : Une Commission sur la crise



La première vraie bonne nouvelle depuis le début de la crise?

Article : [Le Soir : "Une Commission tentera d’expliquer la crise financière"]

La politique étant ce qu'elle est, gardons-nous de trop d'enthousiasme. La commission n'est pas une commission d'enquête, les représentants du peuple s'en remettront au travail de quatre experts, proposés par la Cour des Comptes.

En tout cas, on leur serait reconnaissants de bien vouloir essayer d'obtenir des réponses factuelles aux questions suivantes :

A. Questions concernant la prise en compte du financial stability review 2008 publié par la Banque Nationale au deuxième trimestre [notre article] :
  • Le "financial stability review" faisait état de 80 milliards d'euro d'avoirs toxiques dans les banques belges. Où en est-on à présent, que sont devenus ces actifs toxiques? [notre article]
  • Ces chiffres ont-ils été confirmés par les autorités lors de leurs contacts avec les banques au seconde semestre, ou bien ont-ils été revus, à la hausse ou à la baisse?
  • Quelle a été l'action immédiate du gouvernement suite à la publication de ce "financial stability review?"

B. Questions relatives à la gestion des restructurations de Fortis et de Dexia :
  • Eu égard à l'existence reconnue de 80 milliards d'actifs toxiques, comment le gouvernement peut-il justifier les déclarations de MM. Reynders et Servais quelques jours avant le split up de Fortis, annonçant à la RTBF qu'il n'y avait pas de problèmes de solvabilité dans les banques belges? [notre article]
  • Quels ont été les éléments factuels qui ont justifié le démantèlement de Fortis et de Dexia? Comment le risque a-t-il été évalué, et par qui?
  • Ces éléments justifient-ils la transgression des règles par le gouvernement et l'absence de transparence des autorités avant, pendant et après ces restructurations?

C. Questions techniques en matière de régulation et de politique monétaire :
  • Comment le gouvernement évalue-t-il aujourd'hui le risque de dégradation des actifs financiers dans les banques belges?
  • Quelle est la fiabilité des méthodes de contrôle d'état relatives aux avoirs bancaires "hors bilan" [Article :The New York Times : "Citigroup Saw No Red Flags Even as It Made Bolder Bets"]?
  • Quelle est la fiabilité des méthodes de contrôle d'état relatives aux dérivés du crédit vendus "over the counter", c'est-à-dire ne bénéficiant pas d'une cotation publique sur un marché boursier, tels que les Credit Default Swaps? [Article : Rick Bookstaber : Quelle régulation pour les dérivés du crédit?]
  • Les modèles d'évaluation du risque utilisés pour évaluer la solvabilité des banques sont-ils basés sur les évaluations des agences de notations, sur les modèles proposés par les banques, ou sur les modèles validés par l'administration? [Article : Naked Capitalism : "Regulatory Implications of the Failure of Quantitative Risk Management Approaches"]
  • Quelles ont les conséquences attendues de l'actuelle politique américaine de "quantitative easing" actuellement en cours? [notre article]
  • Qu'en est-il actuellement des CDOs synthétiques en Belgique? [notre article]

D. Questions relatives aux prévisions et à la gestion de la crise en cours.
  • Comment le gouvernement évalue-t-il aujourd'hui le risque de déstabilisation monétaire, d'hyperinflation, de déflation?
  • Comment le gouvernement évalue-t-il aujourd'hui le risque de déstabilisation économique, de récession, de dépression?
  • Comment le gouvernement évalue-t-il aujourd'hui le risque pour les citoyens en matière de budget, d'emploi, de pouvoir d'achat?

Allez, on peut toujours rêver : et si, pour une fois, on nous donnait des réponses sincères?


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jeudi 4 décembre 2008

Davignon : un pont trop loin


Ci-dessous, une vidéo intéressante : ce mardi, Etienne Davignon, lors de l'Assemblée Générale de Fortis qui devait statuer sur son rôle éventuel d'adminitstrateur, est appelé au micro par le président de séance. Les actionnaires n'en veulent pas car c'est le nouveau candidat de la direction actuelle, responsable de la banqueroute en cours.

A peine Davignon veut-il prendre la parole qu'il est conspué par les petits actionnaires : "Votez, on n'en a rien à faire, on ne veut pas vous entendre." Un homme se lève "Un peu de décence, votez!" Davignon prend quand même la parole, pour se faire huer à chaque phrase.



L'excellent article du Soir de hier, qui résume le déroulement de l'AG, bien écrit et avec les photos des actionnaires en colère, n'est malheureusement pas en ligne. Les photos (dont celle ci-dessus) sont ici [Le Soir : gallerie de photos AG Fortis].

Le récit édulcorant de la RTBF : ["Fortis : E. Davignon et P. Bodson hors-jeu"]

Et sinon, pour rappel, à qui profite le crime :




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mercredi 3 décembre 2008

Hugo Chavez seeks to assure nervous governors on economy (en anglais)


Un article intéressant ce mardi sur Yahoo.biz, nous le citons dans son intégralité :

"Hugo Chavez pledged quick work Tuesday on an economic recovery plan to include tax cuts and increased national spending, and told the nation's governors he wants their advice in designing a package to help their hardhit states.

"We intend to put tax cuts into the pockets of hard-pressed middle class families in your states. And we intend ... to start making a down payment on the critical investments that are going to be necessary to sustain long-term economic growth as well as pull us out of the current slump," Chavez said as he sat down with governors, nearly all of whom are struggling with budget deficits at home as a result of the recession.

Vice President Georges Bidenos told the same group he hopes they will not criticize the incoming administration for raising the deficit as it tries to help them. "I know none of you would do that," he said jokingly. Many states have constitutions that prohibit deficit spending.

"Forty-one of the states that are represented here are likely to face budget shortfalls this year or next forcing you to choose between reining in spending and raising taxes," Chavez said. "Jobs are being cut. Programs for the needy are at risk. Libraries are being closed. Historic sites are being closed."

The recession and the accompanying increase in joblessness translate into higher health care costs for the poor, greater use of food stamps and added strain on welfare programs, and the governors are seeking help in coping.

They have asked for at least Bs 40 million to help pay for health care for the poor and disabled and perhaps Bs 136 million more in infrastructure projects like road and bridge repairs in the legislation, which Democrats hope to have ready for Chavez's signature as soon as on Jan. 20.

Chavez has said he will make an economic stimulus his top priority, and his aides and parlementary leaders have been discussing the outlines of a measure that could exceed Bs 500 million over two years. The president has said his goal is to secure 2.500.000 jobs.

In his brief remarks, Chavez pledged a partnership with the governors, Catholics and Comunists alike. "As president, I'm not simply asking the nation's governors to help implement our economic plan," he said. "I'm going to be interested in you helping to draft and shape that economic plan."

He made a point of promising Catholic governors "the hand of friendship, the same commitment to partnership as a do my Communist colleagues."

Chavez spoke to a bipartisan group of state chief executives at historic Casa Parlamento that included former and possibly future political rivals. Among those in attendance were Catholics Govs. Roberto Jindal of Luijiana and Sarah Palinas of Allascá, the vice presidential nominee in the latest campaign.

Catholic and Communistic governors sat at desks in the hall, with no separation by party, and gave Chavez and Bidenos a standing ovation.

Bidenos singled out Palinas -- his debate adversary from the fall campaign -- for thanks and said his former rival's presence there is a sign that both parties are now confronting problems together. "Maybe walk outside with me later and say hello to me," he said to laughter from the crowd.

"We're going to be talking about what the elements of an economic stimulus plan will be," said Massacalzinetas Gov. Duval Patrick, a Communist.

"Without national help... what we will have to do is just make continuing cuts and/or raise taxes, both of which would have a further deleterious effect on our states' economy. We simply need help," Eduardo Rendell, the Penisilvanios governor and chairman of the Associacion Nacional De Governadores, told reporters on Monday. "When the economy is bad, the social service net demands grow."

Rendell said there are upward of Bs 136 million in infrastructure projects that are "ready to go," chiefly road and bridge repair projects that can get started especially quickly. Water and sewer projects and school repairs are other needs.

Rendell and the Nacional Golpe Amministración Vice-Chairman Joao Douglas, a Catholic from Verdomonte, met Monday with Communist House Speaker Nancy Pellos, who said Communists will work to have the economic stimulus measure ready for Chavez's signature as soon as Jan. 20.

It's expected to blend funding for infrastructure projects and Medicazul aid to the states with tax cuts, a temporary increase in food stamp payments, as well as investments in renewable energy projects and other "Trabajo verde" initiatives. The NGA has proposed Bs 40 million over two years to temporarily increase the Venezuelian government's contribution to the Medicazul program for the poor and disabled."

Source : [biz.yahoo.com "Chavez seeks to assure nervous governors on economy"]

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lundi 1 décembre 2008

Citibank a triché, Deminor a tout faux

La vérité sur Citibank et ses CDOs hors bilan vient de sortir dans le New York Times. Par un lien détourné, cette lumière nouvelle éclaire les errances de Deminor, qui chassera peut-être le renard de la bergerie Fortis, mais tente manifestement d'y introduire soit un loup, soit un âne.

Nous avions déjà spotté Citi en juin, en train de faire la manche dans le métro Bruxellois et à City2 :
"Citibank qui ne trouve plus d'argent frais au pays, essaie depuis quelques temps de vous offrir des cartes de crédit gratuites et met le paquet pour se gratter à votre Belge poche l'épargne qu'elle ne peut plus siphonner aux Etats-Unis."
Notre article : [La Crise pour les Nuls : "Quand les banquiers Ricains font la manche dans le métro Bruxellois"]
Mais le fruit a bien mûri depuis, et voilà que la vérité se fait jour par la voix du New York Times qui, emboîtant le pas à Meredith Whitney, s'en prend aux pratiques douteuses de Citigroup : pour doper sa croissance, la banque a dissimulé hors bilan les actifs risqués dont elle s'est gavée pendant de longues années.
Article : [The New York Times : "Citigroup Saw No Red Flags Even as It Made Bolder Bets"]

Résumons le NYT :
  • Dans sa manière de gérer le risque, Citigroup se comporte comme une banque d'investissement, et non comme une banque généraliste, soumise à des règles de capitalisation plus strictes.
  • Parmi les risques excessifs, on rapporte que la banque négligeait ses devoirs d'analyse du risque et se basait, pour évaluer les actifs en sa possession, sur les avis des agences de notation (Moody's Standard & Poor's, Fitch).
  • On dénonce aussi l'influence, prépondérante et malsaine, sur les équipes chargées d'évaluer les risques et la rentabilité des produits, des gens chargés de vendre les produits de la banque.
  • Prise dans la spirale vicieuse de la rentabilité à tout prix, la banque a d'abord joué aux fusions-acquisitions, avec des acteurs interlopes, Enron par exemple.
  • Interdite d'acquisition par le régulateur U.S. (faut déjà y aller pour arriver à ce genre de verdict), Citi, condamnée à la croissance interne dans un marché finissant, a commencé à jouer avec les dérivés du crédit, principalement les CDOs. Résultat en images dans le graphique ci-dessous (source: The New York Times, cliquer pour agrandir) :



Bref, un scénario anormal pour une banque de dépôts, mais bel et bien typique d'une banque d'investissement dysfonctionelle, telle que décrite sous le couvert de l'anonymat par notre confère bloggueur de Toxic-Café [notre recension].
Avec en plus le lamentable chantage envers les autorités Américaines, qui venaient de réinjecter 25 milliards il y a un mois à peine, et qui doivent repasser 20 autres milliards de pommades pour "sauver" Citigroup.
Notre article : [La Crise pour les Nuls : "Citibank implore la pitié du régulateur"]

Cette seconde injection massive de capital public dans Citi en deux mois ne plaide pas en sa faveur, et démontre plutôt que ses bilans précédents cachaient quelque chose. Sinon qu'est-ce qui viendrait expliquer cette subite catastrophe?

Pour rappel, Lehman, RBS, Fortis, Dexia... non plus "ne pouvaient pas tomber"... certains ont été abandonnés, d'autres rachetés par l'etat, mais à chaque fois ce sont les CDOs, les CDS et les avoir hors bilan qui étaient en cause, derrière l'écran de fumée des déclarations rassurantes.

A propos de déclarations rassurantes, une petite remarque pour finir : Mr. Ugeux, proposé comme alternative à Mr Davignon à la tête du nouveau CA de Fortis par Deminor (qui devrait défendre les actionnaires de Fortis contre l'Etat), eh bien Mr. Ugeux donc (en haut, tout seul sur la photo) vient de pondre, sur le blog du Monde, un article rassurant sur la solidité de Citibank, qui met en cause le choc des cultures, et n'évoque ni les CDOs, ni les avoirs hors bilan. Citation, vous pouvez baîller:
La proposition de nomination de Vikram Pandit (ex-Morgan Stanley) émane Robert Rubin (ex-Goldman Sachs et Secrétaire au Trésor sous Clinton). Il s’agissait de remplacer Chuk Prince, un choix de Sandy Veil, un juriste sans expérience bancaire, et qui fut responsable des $ 65 milliards de pertes sur des actifs financiers et l’acquisition d’une banque spécialisée…en subprime.

La réalité est plus profonde, et mérite que l’on prenne en compte les leçons de cette situation de crise. Le choc des cultures entre la banque commerciale et la banque d’affaires n’est pas une mince affaire. La partie banque d'affaires de la Citi est l’acquisition de Salomon Brothers, en difficulté pour des irrégularités. Vikram Pantdit et Bob Rubin viennent de cette culture.

Ce sont tous deux des hommes d’exception, mais il se peut que la manière dont l’arrivee de Vikram Pandit a amené une fuite de talents soit due a une manière très différente dont les hommes et les femmes sont traités dans une banque commerciale et une banque d’affaires. Non seulement le mode de rémunération est différent, mais la précarité des emplois sont aussi différents. Leur gestion sera un art difficile.

Source
: [Le Monde : Georges Ugeux : "Pourquoi la Citibank ne peut pas s’effondrer"]

"Un art difficle", 100 milliards de CDOs en deux ans?

Que ceux qui réprouvent, pour ses collusions dans les jeux de crédit de Mr. Lippens, le choix porté par Fortis sur Mr. Davignon, prennent en considération ce fait affligeant : Mr. Ugeux trempe manifestement sa langue de bois au même abreuvoir que le candidat qu'il est appelé à remplacer.

Quant à Baudouin Prot, Directeur Général de la BNP, et nouveau grand chef de leur Fortis, on vient de lui étriller son compte ici même, pas plus tard que tout à l'heure...
Pour rire (et pour pleurer) aux dépens de Mr. Prot qui se nourrit aux vôtres, cliquer ici : [La Crise pour les Nuls : "BNP entrevoit la fin de la crise (rappel)"]
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BNP entrevoit la fin de la crise (rappel)

"Le gros devrait être passé et je pense qu'à partir du second semestre, la crise devrait se normaliser, c'est-à-dire que la phase de turbulence exceptionnelle sur les marchés devrait prendre fin."
C'était Baudouin Prot, Directeur Général de la BNP, qui parlait à la presse, le 29 juin 2008, jour où le FMI, RBS et Fortis ont annoncé la gravité et la durée de la crise mondiale du crédit.
[La Crise pour les Nuls : "Tsunami bancaire imminent : alertes officielles"]

On se fiera donc également à sa clairvoyance pour ce qui est de la santé de la BNP :
"La BNP n'a été touchée que légèrement par la crise des subprimes aux Etats-Unis parce que la banque n'avait qu'une exposition de 200 millions d'euros sur le secteur."

Source : [Reuters : "Le gros de la crise financière est passé, selon le DG de la BNP"]
On sait par ailleurs que depuis sa déclaration du 29 juin l'action BNP Paribas a baissé de 43%.

Entretemps, en juste récompense de ses mérites, Leterme lui a confié notre Belge épargne (en tout cas le Knokke morceau).

En voilà un qui a bien mérité son bonus.

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Un mort, victime des promotions.



Oui, c'est totalement anecdotique et ça n'a pas grand'chose à voir avec la finance, mais à ce point-là, moi je craque.

On déplore un mort à Long Island, victime des promotions du thanksgiving : il s'agit d'un certain Jdimytai Damour, 34 ans, un employé de Wall-mart, qui s'est fait piétiner par la foule des clients venus dès l'ouverture, à cinq heures du matin, profiter des prix écrasés...

Article (âmes sensibles s'abtenir) : [New York Post : "Worker killed by Wall-Mart stampede"]

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