mercredi 24 septembre 2008

DSK : "le pire est passé, mais il va repasser." Elio : "le pire, c'est moi !"

Comme le notent nos amis de l'Echo dans un article tout récent : "Le directeur général du Fonds monétaire international Dominique Strauss-Kahn a conseillé mardi aux Européens de 'se préparer au pire scénario' dans la suite de la crise financière".

C'est déjà triste comme cela, mais c'est encore plus triste si l'on compare avec ce que le même Dominique déclarait le 15 mai dernier : "Il y a de bonnes raisons de penser que les institutions financières ont révélé l'essentiel des dégâts, surtout aux Etats-Unis (...) Les pires nouvelles sont donc derrière nous" (dépèche afp ici)

Bien vu! nos frères de la presse imprimée n'ont pas jugé bon de relever, c'est dommage car dans le genre "oubliez complètement ce que j'ai dit, écoutez simplement ce que je dis" monsieur Strauss-Kahn arrive juste derrière John Mc Cain, champion incontestable de la catégorie poids Sumo.

||| Mc Cain à la boucherie Sanzot |||

En effet, dans la discipline de la langue de chêne, le candidat Mc Cain a récemment remporté la palme, avec une figure libre hors concours, le double salto autisto-autorévisionniste.

Ici, attention à la manoeuvre, on fait dans la grossièreté subtile...

Dans un premier temps le John a été déclarer en août "les fondamentaux de l'économie américaine sont solides", ce qui dans le genre était déjà pas mal à côté de la plaque et aujourd'hui sonne carrément comme un plat sur les couilles.

Au début, ça a quand même fait très plaisir à ses amis Georges (Bush), Henry (Paulson) et Ben (Bernanke), et en fait tout le monde s'en foutait, sauf que, deux semaines après, juste comme on venait de sonner le démarrage de la campagne électorale, tout a sauté à Wall Street.



Du coup les journalistes lui ont vingt fois posé la question "est-ce que vous maintenez votre déclaration?", et voici (vidéo ci-contre) ses vingt réponses ubuesques, brillament montées par Tpmtv, toutes identiques à la virgule près, une septième dan de Jésuitisme autiste.

Sans aucune méchanceté a priori (vraiment, vraiment), nous sommes forcés de relever que Dominique et John sont soit de sombres crétins, soit d'immondes salopards, soit un efficace mélange des deux.

Ce qui réclame, mais dans un second temps, qu'à leur égard on soit radicalement méchant.

||| Elio capitalise sur la crise |||

Pendant ce temps et sur ces entrefaites, pour le moins tout aussi méritant et plus proche de nous, Elio Di Rupo fait dans le démagogique, avec un haut fait de veulerie toxicité Seveso.

Vous le savez sans doute, le PS vient de sortir tambour battant un plan de réorganisation de l'économie financière, à administrer à notre Belgique (création d'une Commission parlementaire d'enquête), et aussi en Europe (nouvelle Agence de notation) et, tant qu'on y est, à l'ONU (nouveau régulateur international des marchés).

Ici la news dans l'Echo, et ici le texte du plan.

Je l'ai lu, une mauvaise vulgarisation, pire qu'un blog, et selon toute vraissemblance écrit un dimanche matin sur une table du Pain Quot', à quatre mains avec Carl de Moncharline, l'éminence blonde du PS. Les raisons techniques du dérapage sont brossées en deux coups de cuiller à pot, et puis on tire tous azimuths sur le capital, les banques, les Américains, le régulateur... visiblement, Elio prépare ses élections anticipées.

Perso, je suis pour une Commission d'enquête sur la finance Belge (voir notre post de ce lundi) mais bon dans le genre "faites ce que je dis mais ne faites pas ce que je fais", comme le soulignaient hier les commentateurs sur les forums de l'Echo en ligne, Di Rupo est au conseil d'administration de Dexia depuis quelques lurettes et s'est bien gardé de tirer le signal d'alarme.

||| Un Paulson peut cacher un autre Paulson |||

Le PS n'a qu'à faire venir Henry Paulson, le monsieur en charge du plan d'urgence américain, ancien directeur de Golman Sachs (Banque d'investissement) et actuellement Secrétaire au trésor (Ministre des finances) aux USA.

Paulson saura certainement leur expliquer comment on peut à la fois diriger une banque d'investissements spéculatifs et récalmer d'urgence un plan de sauvegarde des épargnants floués par le mirage de l'argent facile.

Notons au passage que en plus d'être malhonnête, le plan Paulson est assez lourdeau. Comme l'explique Paul Krugman du New York Times, c'est juste la théorie de la 'bonne claque' : comme les marchés sont devenus hystériques, il faut leur faire un choc.

Les autorités vont les remettre à leur place en achetant cher ce que tout le monde essaye en vain de vendre pour trois fois rien.
Sûr qu'après les banquiers éviteront les risques inconsidérés.... ou pas.

Devant de si belles similitudes on adressera donc à Elio et à son plan Moncharlinesque la même question qu'à Paulson : comment pouvez-vous être sûr aujourd'hui de ce que vous avancez alors que vous n'avez rien dit depuis 12 mois?

Elio le défenseur de la veuve de l'orphelin, ne trompe personne, même pas les coco ritals (vidéo ci-dessous) :




||| petit intermède culturo-fromager avant de revenir à la finance |||

Et Elio aura certainement encore d'autres occasions à saisir. Il pourrait par exemple apprendre à faire semblant de manger de la mozzarella à la dioxine, avec Berlusconi :




Toute la vérité sur la mozzarella à la dioxine à cause des poubelles de la mafia napolitaine, c'était sur Arte, et si vous avez loupé leur documentaire ahurissant, voici toujours un petit lien d'introduction, juste histoire de comprendre pourquoi le sketch de Berlusconi à la télé c'est plutôt une mauvaise blague.

Pour en savoir plus la mozzarella, la dioxine et Tony Montana en slip, courez voir Gomorra, au cinoche, un docufiction chirurgical, détaché et angoissant à la Syriana. Et si vous aimez vraiment beaucoup la mozzarella, il y a aussi le livre original Gomorra, qui a servi de base au film, qui est encore mieux.

Tellement bien tout ça, que l'auteur et le réalisateur, maintenant, ils savent qu'ils n'en ont plus pour longtemps.


||| la Belgique sort le train d'amerdissage |||

Et comme si ces psittacismes politico-mafieux ne suffisaient pas, voici que débarquent des règles nationales, toutes nouvelles, d'interdiction des ventes à découvert ('short selling'), accouchées à la va-vite par les autorités belges. Une apparition du plus mauvais augure.

Il s'agit, très probablement d'une mesure de dernière instance, qui au niveau efficacité revient à tirer le train d'aterrissage lorsqu'on se crashe en mer, juste pour avoir l'impression d'aterrir, le temps que le pilote enfile son parachute.

Ceux qui n'ont pas de parachute peuvent toujours relire le mode d'emploi des gilets de sauvetage (illustration ci-contre).





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2 commentaires:

  1. les politiciens belges sont des nuls et des minables (je sais pas ce que vous pensez d'Yves leterme). vous savez que certains ministres en belgique n'ont pas ete au-dela de leurs etudes primaires ?

    Quant aux mesures d'interdication des VADs (short-selling), ca sert uniquement a trouver des boucs-emissaires. En fait les ventes sont un mecanisme efficient qui rapproche la volarisation du fair price (n'oublions pas qu'a l'echeance le titre doit etre rachete dans le marche, un achat intervient a un certain moment). Le short-squeeze explique les montees (totalementa artificielles)de 10% qu'on a eu sur certains bourses recemment. En fait c'est un marche inefficient vers le quel on se dirige et des regimes fascistes (le capitalisme d'etat etait la doctrine de l'allemagne nazie comme celle apparemment des US en ce moment, les grandes societes privees sont nationalisees ou controlees par l'etat ce qui revient au meme). Les Etast-Unis sont par ailleurs gouvernes par des banquiers, Paulson etait d'ailleurs l'ex CEO de Goldman Sachs.

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  2. Atterrir prend 2 "t".

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